#Grand Genève
Porté par la dynamique genevoise, l'emploi constitue un pilier de la région.
Porté par la dynamique genevoise, l’emploi constitue un pilier de la région. Les entreprises suisses bénéficient d’un vaste réservoir de travailleurs qualifiés côté français, attirés par les salaires helvétiques. De nombreux secteurs – commerce, santé, services – ne pourraient pas fonctionner sans cette main-d’œuvre transfrontalière. Un «mariage forcé» qui n’est pas sans effets pervers. «Trouver les ressources humaines nécessaires sur territoire français est une gageure», souligne Valérie Guichet, directrice de la Maison de l’Eco, à Annemasse, chargée de promouvoir l’attractivité de la région et d’accompagner les entrepreneurs. Qu’en est-il de l’entrepreneuriat? On trouve de grands noms suisses implantés en France voisine - Migros, Swiss Life, Stäubli - et, côté suisse, des grands noms français comme Decathlon ou Auchan. Le tissu économique est surtout composé de PME des deux côtés de la frontière. «La dynamique fluctue beaucoup selon les opportunités, le contexte réglementaire ou conjoncturel», observe Valérie Guichet, dont la structure traite près de cinq cents dossiers chaque année, avec des projets pas toujours viables. «Les entreprises déjà solides en France, qui trouvent de vraies raisons stratégiques de s’implanter en Suisse – notamment pour son expertise à haute valeur ajoutée –, ont davantage de chances de réussir», confirme Jean-François Pissettaz, fondateur de la fiduciaire éponyme, présente de part et d’autre de la frontière depuis plus de vingt ans. Son cabinet, référence régionale, compte une douzaine de sites dans le grand quart sud-est de la France – Annecy, Archamps, Chambéry, Chamonix, Douvaine, Cannes, etc. – ainsi qu’en Suisse, jusqu’à Châtel-Saint-Denis. Des ouvertures sont prévues dans l’Ain. Mais, rappelle-t-il, «il faut distinguer ce qui relève du rêve de ce qui correspond à la réalité économique». Côté suisse, les motivations d’implantation en France tiennent souvent à l’accès aux dispositifs européens: aides financières pour la recherche, allégement de contraintes administratives ou avantages liés à une présence physique dans l’Union européenne. Mais si l’idée d’une bipolarisation reste attractive, le climat du deuxième semestre 2025 freine les élans: en France, les incertitudes de gouvernance pèsent sur le moral des entrepreneurs, tandis qu’en Suisse, les nouvelles taxes américaines et leurs effets en cascade suscitent de vives préoccupations.
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