Un possible report de la fin des véhicules thermiques réjouirait les garagistes
La réticence des clients à changer de type de motorisation est manifeste.
Flavia Giovannelli
Publié jeudi 13 mars 2025
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#Automobile
Bruxelles semble prête à revoir le calendrier de la disparition des moteurs thermiques.
Ces derniers jours ont été riches en développements pour le secteur automobile.Pour l'Union professionnelle suisse de l’automobile (UPSA)Genève, le nouveau salon AutoXpérience Genève a brillamment passé son baptême du feu. Issu d'une collaboration entre l'association et Palexpo, l'événement a attiré près de treize mille visiteurs en trois jours, dépassant les attentes des organisateurs. Plus intime et local que le défunt Salon de l’automobile, ce salon a favorisé des échanges approfondis et a surtout permis aux visiteurs d'essayer et de comparer divers modèles.
Les équipes de vente, prêtes à conclure des affaires, proposaient un service «clés en main» incluant une variété d'options d'assurance et de financement. «La satisfaction générale était palpable, particulièrement dans ce climat d'incertitude où les consommateurs hésitent à choisir entre différents types de véhicules», explique Thierry Bolle, porte-parole de l'UPSA Genève.
Bruxelles fait marche arrière
La semaine passée, la Commission européenne a annoncé son intention de relancer le débat sur la date butoir pour l'abandon des moteurs thermiques. Initialement prévue pour 2035, dans un souci de respect des objectifs climatiques de l'Union européenne, cette échéance avait déjà été assouplie pour introduire la notion de «zéro émission de CO2», ouvrant la porte à des innovations technologiques telles que l'utilisation de l'hydrogène. La Commission a pris un nouveau virage en faveur des constructeurs, qui risquaient de lourdes amendes s'ils ne respectaient pas les quotas de vente de véhicules électriques dès 2035. «Les décideurs politiques commencent à reconnaître les réalités du marché, dommage qu’ils ne l’aient pas fait auparavant», observe Thierry Bolle.
Aujourd'hui, la réticence des clients à changer de type de motorisation est manifeste, freinée par des raisons diverses, notamment le manque d'infrastructures adéquates.
Si les autoroutes offrent des conditions plus favorables, les longs temps d'attente et le nombre insuffisant de bornes de recharge en milieu urbain ou résidentiel présentent des obstacles significatifs. «Ce sont les conséquences d'une prise de décision déconnectée du terrain. Je pense qu'il est risqué de parier sur une seule technologie pour atteindre nos objectifs», souligne Thierry Bolle.
Les véhicules hybrides offrent actuellement un compromis intéressant, réduisant les émissions de CO2 tout en conservant la flexibilité d'un moteur thermique quand cela s’avère nécessaire. Toutefois, tout peut encore changer très rapidement dans les prochaines années. «Il ne faut pas oublier que l'industrie automobile a été l'un des secteurs les plus innovants pour s'adapter aux nouvelles exigences. Toute la branche est consciente de son impact climatique et a réalisé d'importants efforts, notamment dans la gestion des déchets», rappelle Thierry Bolle.
Avec l’assouplissement du dogme du 100% électrique, les constructeurs auront désormais l'occasion de défendre leurs arguments à Bruxelles. Les concessionnaires et les garages, quant à eux, bien que moins affectés directement, doivent rester vigilants face à ces perspectives incertaines. Ils ont un rôle clé à jouer pour accompagner au mieux les clients, qui se poseront inévitablement davantage de questions.
L'UPSA Genève note que le canton envisage déjà d'imposer l'électrique pour tous les véhicules publics et les taxis d'ici à 2030. L'association, qui sera bientôt entendue par la commission des transports du Grand Conseil, compte bien faire valoir son point de vue, renforcé par ce fléchissement de Bruxelles. Les discussions doivent d'ailleurs commencer cette année, puisque la clause de revoyure1 fixée pour 2035 a été avancée d'un an afin d'anticiper la stratégie à adopter. Les e-carburants, l'hydrogène et les moteurs électriques dotés d'un prolongateur d'autonomie à combustion sont parmi les options envisagées.
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