«Code critique»: la Genève internationale se raconte en bulles
La BD «Code critique», éditée par la Fondation pour Genève, a été lancée le 27 août au Palais Eynard.
Steven Kakon
Publié jeudi 27 août 2026
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#Education
La Fondation pour Genève lance une bande dessinée qui plonge les jeunes au cœur de l'IA et de la coopération internationale.
Et si la diplomatie mondiale se racontait en bulles? La Fondation pour Genève en a fait le pari avec Code critique, une bande dessinée qui s'empare d'une matière brûlante d'actualité, à savoir l'intelligence artificielle (IA), pour illustrer, dans un format ludique, l'importance de la coopération internationale. Objectif: reconquérir la jeunesse.
Signé par le dessinateur genevois Fabian Menor (lire plus bas), l'ouvrage a été officiellement lancé ce 27 août, année des 50 ans de la Fondation. Le choix du format n'est pas anodin. «La Genève internationale est encore mal connue. Nous avons voulu la rendre plus concrète avec un livre non institutionnel qui donne envie de comprendre et de débattre», explique Fabrice Eggly, directeur de la Fondation pour Genève devant un parterre d'invités réunis au Palais Eynard. Et pourquoi l'IA? «C'est un enjeu global qui concerne tous les jeunes», poursuit-il.
La bande dessinée offre une porte d'entrée accessible à un public scolaire. «C'est une rencontre entre deux mondes: celui des institutions qui pensent l'avenir et les jeunes amenés à le vivre», résume Christina Kitsos, maire de Genève. Les porteurs du projet veulent nourrir les débats en classe sur la gouvernance et l'usage de l'IA, la désinformation, la protection des données personnelles ou encore l'interconnexion du monde. Et ainsi raviver l'intérêt de la nouvelle génération pour les affaires internationales dans ce contexte de remise en question du multilatéralisme et de multiplication de crises. «Quelle place voulons-nous accorder à ces technologies?», se demande face au public la maire de Genève, qui affirme que «les jeunes ont un droit de regard sur ces questions, mais aussi un pouvoir de proposition».
Quinze cantons
Disponible en quatre langues (français, anglais, italien, allemand), l'ouvrage est destiné au secondaire 1 et 2 de toute la Suisse. Quatre mille exemplaires ont d'ores et déjà été envoyés dans les écoles issues de quinze cantons. Un dispositif pédagogique accompagne la diffusion de l'ouvrage dans les classes. Pour ce projet, la Fondation pour Genève collabore avec la maison d'édition Helvetiq, le Département de l'instruction publique (DIP), la Fondation Eduki et l'Association genevoise des écoles privées (AGEP). «Les outils destinés aux enseignants seront traduits dans les quatre langues de la bande dessinée et nous souhaitons développer un atelier sur la Genève internationale spécifiquement destiné à leur intention. Il s’agit de leur donner les clés, les contenus et les exemples concrets nécessaires pour pouvoir intégrer plus facilement ces thématiques dans leurs cours», précise Fabrice Eggly.
Christina Kitsos relève d'ailleurs que le nouveau Portail des Nations permet de rendre plus accessible le multilatéralisme. De son côté, Anne Hiltpold, présidente du Conseil d'Etat, fait savoir que le gouvernement est mobilisé pour la tenue du Geneva AI Summit en juin prochain, «très important pour la gouvernance de l'IA».
Larissa Robinson, secrétaire générale du Groupement des Entreprises multinationales (GEM), était invitée à l'événement. Son avis sur la BD? «En tant que parent, je trouve que c'est une super initiative pour permettre à la jeunesse de saisir l’importance de le Genève internationale et du multilatéralisme», se réjouit-elle. Elle rappelle que dans ce même esprit, le GEM coproduit l'émission Cosmopolis diffusée sur Léman Bleu, avec la Fondation pour Genève et la Ville de Genève, et est l'un des partenaires de la Fondation pour Genève de l'étude sur l'impact du secteur international marchand et non marchand à Genève, dont les résultats ont été présentés en 2024.
Fabian Menor, le dessinateur
Né à Genève, Fabian Menor commence à publier des petits strips sur l’actualité dès 14 ans dans un journal local genevois, grâce au soutien de Zep. Diplômé en graphisme, il suit ensuite des études à l’École Supérieure de Bande Dessinée et d’Illustration. Pour son travail de diplôme, il réalise un roman graphique sur l’enfance de sa grand-mère qui lui vaut le prix Caran d’Ache, ainsi qu’une publication aux éditions La joie de lire en 2020. Dès la fin de ses études, il travaille avec la maison d’édition Helvetiq sur une adaptation du roman Derborence de C.-F. Ramuz et un projet collaboratif avec JP Kalonji et Yrgane Ramon, illustrant la vie de trois jeunes mineurs réfugiés non accompagnés. Fabian Menor a publié une nouvelle BD en août 2025, qui raconte les derniers mois d’Iris, femme peintre mondialement reconnue perdant la vue, qui rejoint un foyer pour personnes âgées alors que se prépare une exposition de ses œuvres. Iris lui a valu le Prix Töpffer Genève de la bande dessinée 2025.
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