L’économie allemande face à l’IA : nécessité économique et incertitudes sociale
Thomas Schnee
Journaliste, Berlin
Publié mardi 18 août 2026
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En Allemagne comme ailleurs, l’intelligence artificielle est sur toutes les lèvres et fait partie de tous les plans. Mais si l’on a globalement compris que l’IA va permettre de forts gains de productivité et une organisation du travail concentrée sur l’essentiel, le passage à l’IA est un saut vers l’inconnu pour les organisations. Selon une enquête réalisée auprès de 170 managers publiée en mai dernier par Deloitte, les entreprises allemandes font preuve d’une forte volonté d’adopter l’IA (48 %). Mais les avantages attendus se concentrent principalement sur l’efficacité (66 %) et la réduction des coûts (52 %). Seules 4 % des entreprises l’utilisent de manière exhaustive pour la prise de décision. La préparation laisse encore à désirer: Seulement 20% des managers se disent «très bien préparés» ou «extrêmement bien préparés». Les cas de Tesla et de l’assureur VHV montrent aussi le choix social auquel les entreprises se trouvent confrontées. La direction de la Gigafactory de Tesla, près de Berlin, vient d’annoncer sans crier gare que dans le cadre du projet «Optimus», un robot humanoïde bourré d’IAs, des salariés devront porter des caméras pour enregistrer leurs gestes et entraîner le dernier bébé industriel d’Elon Musk… qui doit remplacer une partie desdits salariés! Ceci sans accord préalable avec les représentants des salariés. Le syndicat IG Metall est déjà sur le sentier de la guerre. À l’inverse, le groupe d’assurance VHV Gruppe a opté pour une préparation intégrant dialogue social et planification stratégique. En prévision du départ en retraite de 1 000 employés sur 4600 d’ici à 2030-2031, VHV a choisi de ne pas renouveler ses postes et de compenser par l’IA, recentrant les salariés sur des tâches à plus forte valeur ajoutée. Un accord-cadre a été négocié avec les partenaires sociaux pour encadrer ces transformations. Et la direction a exclu toute automatisation complète des décisions. Deux cas qui rappellent à leur manière que la réussite de la transition dépendra autant des connaissances et des infrastructures que de la capacité à construire un consensus social autour de l’IA.
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