En matière de liquidités, il ne faut pas subir mais piloter son entreprise.
Pierre Cormon
Publié jeudi 14 novembre 2024
Modifié mercredi 16 septembre 2026
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#Conseils pratiques
Le maître-mot de la gestion des liquidités? L’anticipation. Il faut savoir précisément ce qu’on va devoir débourser et sur quelles rentrées on peut compter.
Tous les mois, vers le 15 ou le 20, Roland Andrey se penche plus en détail sur le tableau des liquidités des entreprises de sa holding. Parmi elles, Nobile & Martin, une entreprise de gypserie-peinture genevoise. La Convention collective de travail du second œuvre prévoit que les salaires doivent être payés entre le 5 et le 7 du mois suivant. Il examine quelles sont les dépenses qui seront effectuées et sur quelles rentrées il peut compter jusque-là. «La priorité absolue est de s’assurer que nous disposerons d’assez de liquidités pour payer les salaires et les charges sociales à temps», explique-t-il. Il porte également une attention particulière aux frais généraux.
Peu de petites entreprises s’inquiètent autant de ces questions. «Je suis informaticien/cuisinier/architecte d’intérieur/etc. - pas comptable», entend-on souvent. L’écrasante majorité des petites entreprises qui s’adressent à une banque ou à un organisme d’accompagnement n’ont pas de démarche structurée en la matière. Elles n’ont pas un système rigoureux de suivi des factures, paient les créanciers au fur et à mesure qu’ils se manifestent, etc.
Cercle vicieux
Arrive le jour où, malgré un bon carnet de commandes, elles n’ont pas en caisse de quoi payer une créance urgente. Parfois, c’est même une croissance trop rapide qui les expose: leurs dépenses en nouveaux engagements, fournitures, nouveaux locaux sont payées avant qu’elles n’en recueillent les fruits. Elles s’exposent alors à des problèmes en cascade: poursuites, tensions avec les fournisseurs, etc.
«Quand vous avez des difficultés, tout se retourne contre vous en même temps», résume Roland Andrey. «Les fournisseurs exigent des acomptes et le paiement à la livraison, les gros clients des garanties onéreuses difficiles à obtenir, la banque ne vous prête plus d’argent et, dans le second œuvre, si vous ne payez pas vos charges sociales, vous vous retrouvez sur la liste noire des associations professionnelles et ne pouvez plus obtenir de commandes publiques.»
Exigence légale
Bien des entreprises n’y survivent pas, alors que leur modèle d’affaires est sain. Pour s’en prémunir, le meilleur moyen est d’adopter une saine démarche de gestion des liquidités. C’est une exigence légale pour les sociétés de capitaux depuis le 1er janvier 2023. La gestion des liquidités, notamment le suivi des débiteurs, est l’un des éléments qu’une banque analyse lorsqu’une entreprise sollicite un crédit.
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