Mars 2024: le peuple dit oui à la treizième rente AVS. Un oui clair, mais sans le moindre franc pour la financer. Début décembre prochain, 2,6 millions de retraités la toucheront pour la première fois. Il est donc urgent de se prononcer sur le deuxième et indispensable volet de cette décision: comment la financer?
La question est simple: accepte-t-on une hausse de la TVA de 0,4 point? La nouvelle prestation coûtera plus de 4 milliards par an et ne se financera pas par magie. Sans cette augmentation, l’AVS plongera dans le rouge dès 2026 et son fonds passera sous le minimum légal dès 2027. Puiser dans le fonds sans réagir est tout simplement irresponsable vis-à-vis des générations à venir.
Cette solution n’est certes pas parfaite. Mais elle a un immense mérite: elle existe. Les salaires sont épargnés, l’alimentation et les médicaments aussi. Son coût - environ 15 francs par mois pour un ménage moyen - reste modéré. Et le déficit attendu en 2030 est divisé par deux. Ne rien faire, c’est laisser l’AVS s’enfoncer.
L’histoire récente le montre: les dernières réformes globales ont toutes échoué, en 2004 comme en 2017. Celles qui ont passé la rampe, la RFFA en 2019 et AVS21 en 2022, étaient des réformes partielles. L’AVS avance par étapes, et la proposition qui nous est soumise donne le temps de préparer sereinement la réforme AVS 2030.
Ce oui ne règle pas tout. Mais c’est le bon pas, au bon moment. Le 29 novembre, votons oui: par responsabilité envers les retraités d’aujourd’hui et ceux de demain.
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