Six avantages et deux inconvénients des serres (tomates 2 sur 2)
Pierre Cormon
Publié lundi 17 août 2026
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#agriculture
La culture sous serre permet de beaucoup mieux contrôler les conditions et de limiter les fuites dans l'environnement, mais dégage du CO2
La grande majorité de la production de tomates suisses se fait maintenant sous serre. Pourquoi ce mode de culture, plutôt que la peline terre, plutôt que dans un champ? «Parce que cela permet de créer un environnement contrôlé», répond Jeremy Blondin, maraîcher qui dirige le domaine des Mattines, à Perly (GE). Tous les légumes ne peuvent pas être cultivés sous serre, pour des raisons de coût. Pour ceux pour lesquels c’est possible, ce mode de culture a surtout des avantages, mais aussi deux inconvénients.
1) Le climat est contrôlé
Alors que le cultivateur d’un champ ne contrôle ni l’humidité, ni la température, l’exploitant d’une serre peut choisir celles qui conviendront le mieux à sa culture. Les serres ne sont pas non plus exposées à la grêle, aux gelées précoces ou tardives ou au vent.
2) Les ravageurs sont rares
Le milieu, protégé, est aussi beaucoup moins exposé aux ravageurs, ce qui permet de diminuer drastiquement l’emploi de produits phytosanitaires.
3) Le substrat est contrôlé
Le sol d’un champ peut contenir des graines de plantes qui feront concurrence à la culture ou des ravageurs qui pourront l’attaquer. Pas le substrat utilisé dans les serres.
4) Rien ne fuit dans l’environnement
L’eau utilisée dans les serres est recyclée en circuit fermé, et les nutriments qu’on y ajoute ne de dispersent pas dans l’environnement, pas plus que les éventuels produits phytosanitaires. Ce n’est pas le dans un champ, où la dissémination d’éléments comme le phosphore ou l’azote peut perturber les écosystèmes.
5) Elles nécessitent moins de surface
On produit environ quatre fois plus de tomates par hectare dans une serre qu’en plein sol.
6) Elles consomment moins d’eau
Les cultures sous serre ont besoin de beaucoup moins d’eau par kilo récolté que les cultures plein champ. L’irrigation y est très précise, l’évaporation moindre et l’eau recyclée. Un avantage qui prend de plus en plus d’importance avec la multiplication des épisodes de sécheresse.
En revanche:
1) Elles émettent du CO2
Les serres sont chauffées en grande partie au gaz naturel, qui émet du CO2. Une partie est absorbé par les plantes, qui l’utilisent pour leur croissance. Le bilan carbone est cependant négatif,
Voilà plusieurs années que les maraîchers s’efforcent de l’améliorer, Les émissions ont baissé d’un tiers en dix ans, et ils se sont engagés à faire passer la part de chauffage sans énergie fossile à 80% d’ici 2030 et 100% d’ici 2040. «Dès cette date, seules des énergies renouvelables, la chaleur ambiante et la chaleur excédentaire pourront être utilisées pour le chauffage», promet l’Union maraîchère suisse.
2) Elles ont un impact visuel
Les serres sont des installations massives, visibles de loin. Raison pour laquelle leur construction n’est autorisée que dans des zones agricoles spéciales.
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