Voyager avant que le monde ne se referme?

Les Suisses sont toujours friands de vacances méditerranéennes. Ici, le Club Med de Cefalù.
Les Suisses sont toujours friands de vacances méditerranéennes. Ici, le Club Med de Cefalù. Club Med
Flavia Giovannelli
Publié mercredi 09 septembre 2026
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#Tourisme Après le revenge travel post-Covid, assisterait-on à une nouvelle forme de voyage de rattrapage : une revanche sur la géopolitique?

Le voyageur serait-il devenu plus opportuniste? Plus attentif aux frontières, à la sécurité, au climat politique? Avec parfois ce réflexe très humain: aller voir maintenant ce qui pourrait devenir plus compliqué demain. Dans l’anxiété ambiante, l’envie de profiter du monde tant qu’il reste accessible se fait encore forte.
Les derniers chiffres de la Fédération suisse du voyage (FSV), publiés le 9 septembre, montrent en tout cas une remarquable résistance de l’envie de partir. Malgré les crises, les tensions géopolitiques et les incertitudes économiques, le secteur suisse du voyage reste robuste. Après un été exigeant, les réservations repartent à la hausse pour l’automne 2026 et l’hiver 2026/27. La branche estime possible d’atteindre au moins le niveau de l’année précédente et n’exclut pas un nouvel effet de rattrapage.
Les destinations balnéaires traditionnelles restent solidement installées : Espagne, Grèce et Turquie dominent toujours l’été. Sur le long-courrier, Canada, Thaïlande et Maldives arrivent en tête. Mais de nouvelles envies gagnent du terrain. Les coolcations, qui conduisent les voyageurs vers des régions plus septentrionales et plus fraîches, ont progressé d’environ 20 % en cinq ans, tandis que les Balkans séduisent eux aussi davantage.
Autre évolution: les périodes intermédiaires offrent un éventail de destinations de plus en plus large. À l’automne, Grèce, Chypre, Majorque, Égypte et Canaries restent très recherchées, tandis que la Tunisie affiche une progression supérieure à la moyenne. En hiver, l’Égypte, Gran Canaria et Tenerife dominent le moyen-courrier ; Maurice, les Maldives et la Thaïlande s’imposent parmi les destinations lointaines favorites.

Baisse des États-Unis
Pourtant sous les feux des projecteurs cette année avec la Coupe du monde de football, les États-Unis accusent un recul de près de 20 % de la demande par rapport à l’année précédente. Comment expliquer ce décrochage? La tenue de cet événement a-t-elle pu peser sur les prix et décourager certains voyageurs? Plusieurs reportages avaient en effet mis en avant leur niveau élevé. Ou faut-il chercher ailleurs: dans l’image actuelle de la destination, le contexte politique ou la perception de formalités d’entrée devenues plus contraignantes ? Les voyagistes auront sans doute quelques éléments de réponse.

Un rôle nécessaire
Dans ce monde qui change, la FSV rappelle que les voyagistes ont organisé plus de 3400 changements de réservation, traité plus de 20 000 demandes de clients et rapatrié plus de 1600 voyageurs bloqués. Des coûts supplémentaires de plus de 2,3 millions de francs ont ainsi été pris en charge. Une fonction d’accompagnement et de sécurisation qui ne devrait pas perdre de son importance.
 

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