G7: Genève ne veut indemniser que les déprédations

Pierre Cormon
Publié mercredi 13 mai 2026
Modifié mercredi 13 mai 2026
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#Manifestations Le canton ne veut pas indemniser les baisses de chiffre d'affaires et les mesures de protection liées au G7. La FER Genève espère le faire changer d'avis.

Vous tenez un commerce et entendez vous protéger d'éventuelles déprédations lors des manifestations en marge du G7, qui se tiendra du 15 au 17 juin à Evian-les-Bains. Vous vous barricadez, pour un coût de plusieurs dizaines de milliers de francs. Le jour J, la situation dégénère et vous préférez fermer, pour assurer la sécurité de votre personnel et de vos clients. Vous subissez une baisse marquée de votre chiffre d'affaires.

Aucune indemnisation n'est prévue pour ce type de cas, a communiqué le Conseil d'Etat à l'issue de sa séance du 13 mai. Seules les entreprises ayant subi des déprédations devraient recevoir un soutien – un projet de loi est actuellement en préparation.

 

"Pas de contrainte"

 

"Aucune entreprise n'est contrainte par le canton de suspendre ou réduire ses activités", justifie Carole-Anne Kast, conseillère d'Etat en charge des institutions et du numérique. Et ce, bien que le canton encourage les particuliers et les entreprises à privilégier le télétravail et à réduire leurs déplacements.

Cette position étonne Arnaud Bürgin, directeur général de la FER Genève. "Je trouve que le Conseil d'Etat manque de cohérence", réagit-il. "A partir du moment où il encourage le télétravail et demande aux particuliers et aux entreprises de limiter leurs déplacements au maximum, il est inévitable que des entreprises subissent des baisses de chiffre d'affaires. Il ne peut donc pas les laisser en assumer seules les conséquences".

 

Palissades

 

Quant aux palissades que des entreprises vont mettre en place pour se protéger, elles peuvent facilement coûter plusieurs dizaines de milliers de francs – pour autant qu'on trouve un prestataire pour les installer. "Soit le Conseil d'Etat déclare que la sécurité est assurée et qu'il n'est pas nécessaire de se barricader, et alors les éventuels dégâts doivent être pris en charge", commente Arnaud Bürgin. "Soit il recommande aux entreprises de se barricader et il doit les indemniser. On nage actuellement dans un entre-deux, alors qu'il ne reste que cinq semaines jusqu'au sommet."

La FER Genève garde cependant espoir. "La volonté de créer un fonds d'indemnisation en cas de déprédations constitue une première avancée que nous saluons", conclut Arnaud Bürgin. "Nous allons continuer le dialogue pour qu'il couvre également d'autres cas de figure."

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