L’État veut renforcer l’employabilité des demandeurs d’emploi

L’OCE entend collaborer étroitement avec les entreprises.
L’OCE entend collaborer étroitement avec les entreprises.
Steven Kakon
Publié jeudi 30 avril 2026
Lien copié

#Emploi Alors que le chômage augmente, Genève muscle son dispositif d’action.

Le chômage gagne du terrain à Genève, passant de 4,2% à 4,7% en une année. Si la restauration, le nettoyage et le commerce de détail restent les branches comptant le plus grand nombre de demandeurs d’emploi, c’est dans l’horlogerie, l’hôtellerie et les services financiers que l’augmentation du chômage s’est révélée la plus marquée.
Une évolution qui met en lumière un paradoxe du marché du travail: «Nous avons encore du chômage, mais en même temps une pénurie de main d’œuvre dans certains secteurs», relève Delphine Bachmann, conseillère d’État chargée de l’économie et de l’emploi en conférence de presse le 30 avril. 

Pour mieux faire correspondre les profils des demandeurs d’emploi aux besoins concrets des entreprises, l’Office cantonal de l’emploi (OCE) entend améliorer l’employabilité en actionnant quatre leviers: les compétences techniques et métiers, les compétences sociales (savoir communiquer et coopérer), les méthodes de recherche d’emploi et l’organisation personnelle, afin de garantir aux employeurs une réelle disponibilité. 

Pas moins de 156 mesures, pour un budget annuel de 50 millions de francs, sont aujourd’hui déployées, a indiqué Delphine Bachmann. De nouveaux outils, comme TalkTo pour travailler la communication orale et Lift tes talents s’appuient notamment sur l’intelligence artificielle pour établir des bilans personnalisés. Des parcours coconstruits avec de grandes entreprises genevoises sont également proposés pour les métiers du commerce de détail, de la logistique ou de la production alimentaire. 

«Une partie des demandeurs d’emploi est autonome dans sa recherche, tandis qu’une autre nécessite un accompagnement beaucoup plus soutenu, en raison de freins importants à l’employabilité», précise Julien Garda, directeur de l’OCE depuis février. Interrogé sur le profil des demandeurs d’emploi, il répond qu’«il n’y a pas de profil type mais différents types de profils». 

La reconversion professionnelle figure elle aussi parmi les priorités de l’OCE. L’Allocation de formation (AFO) s’adresse aux personnes de plus de 30 ans sans formation initiale, particulièrement exposées au risque d’une fin de droits. En 2025, 61 demandeurs d'emploi ont entamé un apprentissage grâce à ce dispositif, contre 47 l’année précédente, tout en percevant l’équivalent d’un salaire minimum.


Enfin, l’OCE veut devenir un point de contact unique pour les entreprises en matière de recrutement, en mesure de proposer rapidement des profils en adéquation avec leurs besoins. «Certaines entreprises nous disent ne plus savoir à qui s’adresser face à la multiplication des interlocuteurs», observe Delphine Bachmann, qui insiste aussi sur le rôle des entreprises pour prévenir leurs collaborateurs que la recherche d’emploi doit commencer avant la fin du contrat pour éviter les sanctions.

insérer code pub ici