Le home-jacking d'Alain Prost ravive les inquiétudes des entreprises

Pierre Cormon
Publié mercredi 27 mai 2026
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#Sécurité Le home-jacking dont a été victime l'ancien pilote de Formule 1 ravive les inquiétudes des milieux économiques. La police genevoise nous a fourni des conseils.

La scène a été d'une grande violence. Des criminels se sont introduits chez l'ancien champion de Formule 1 Alain Prost, à Nyon, et contraint l'un de ses fils à ouvrir le coffre, sous la menace. C'est ce qu'on appelle un home-jacking. Le phénomène, récent dans la région, inquiète les milieux économiques.

Dix-huit cas de home-jacking se sont déroulés dans le canton en 2025. La tendance est à la baisse cette année, selon la police genevoise, qui ne peut cependant pas fournir de chiffres.

Mode opératoire

"Le mode opératoire le plus fréquent consiste en une intrusion dans un logement occupé, suivie de menaces, parfois avec arme, et de violences psychologiques et/ou physiques, afin d’obtenir de l’argent, des bijoux, des montres, des véhicules ou d’autres valeurs", précise Henny Martinoni, porte-parole de la police genevoise. "Les auteurs peuvent agir rapidement, en groupe, avec une répartition des rôles."

Le phénomène a fait les grands titres fin 2025. "Les grandes bijouteries ou les banques ont développé leur sécurité. Il faut des infrastructures très lourdes si vous voulez vous y attaquer", expliquait alors un officier de police dans l'émission Mise au point.

Bandes organisées

Ces forfaits sont commis par des bandes organisées, qui viennent souvent du Sud de la France et préparent minutieusement leurs opérations. On pense qu'ils choisissent leurs cibles à partir de signes extérieurs de richesse, comme une demeure luxueuse ou l'ostentation d'un train de vie prospère sur les réseaux sociaux.

La police ne reste pas inactive. Septante-cinq pour cent des cas de home-jackings traités en 2025 par la Brigade de répression du banditisme du canton de Genève ont été élucidés. "Cela ne signifie pas nécessairement que tous les auteurs ont déjà été interpellés", précise Henny Martinoni. "Dans certains dossiers, les auteurs sont identifiés et les investigations se poursuivent, notamment pour établir les responsabilités individuelles, documenter les faits et permettre les suites judiciaires."

Inquiétudes

Ces efforts ne suffisent pas à lever les inquiétudes. "Ce thème reste un sujet de préoccupation pour nos membres et surtout pour leurs épouses", relève Florence Schurch, secrétaire générale de l'association SUISSENÉGOCE. "Il ne faut pas sous-estimer l’importance des partenaires dans le choix du domicile."

Si les conditions restent globalement bonnes dans la région, ce phénomène concourt à les dégrader, de concert avec la péjoration des conditions de circulation.

Les entreprises étrangères approchant l'organe de promotion économique Greater Geneva Bern area (GGBA) n'ont encore jamais évoqué le sujet. Du côté des collaborateurs, en revanche, des inquiétudes sont perceptibles. "Des professionnels du recrutement ou des entreprises nous disent qu’il est de plus en plus difficile d’attirer des talents à Genève, à cause de la sécurité et à cause des impôts des personnes physiques", relate Florence Schurch.

"Il est certain qu’il faut juguler le problème des home-jackings au plus vite car la sécurité qu’offre la Suisse est l’un des principaux arguments en faveur de la Suisse", conclut Thomas Bohn, CEO du GGBA


Les conseils de la police genevoise

Renforcer autant que possible la sécurité du domicile: dispositifs d’alarme, systèmes pouvant être activés la nuit même lorsque les habitants sont présents, alarmes agression reliées à une centrale, sécurisation des accès vulnérables et, lorsque cela est possible, installation de caméras de vidéosurveillance privées. "Aucun dispositif ne permet de garantir une sécurité absolue, mais ces mesures peuvent dissuader les auteurs, accélérer leur fuite et fournir des éléments utiles aux investigations", précise Henny Martinoni.

Rester attentif aux failles de sécurité, notamment durant la nuit, et activer les dispositifs disponibles, y compris en présence des occupants.

En cas de home-jacking, garder son calme autant que possible, éviter tout geste brusque, ne pas résister et ne pas tenter d’affronter ou de poursuivre les auteurs. Il faut se conformer à leurs exigences afin de ne pas aggraver la situation. "La sécurité des personnes doit rester la priorité absolue", souligne Henny Martinoni.

Lorsque cela peut être fait sans danger, il est utile d’observer des éléments pouvant aider l’enquête: voix, accent, vêtements, silhouette, signes particuliers, direction de fuite ou véhicule éventuel.

Une fois les auteurs partis, appeler immédiatement la police au 117, ne toucher à rien et préserver les lieux afin de faciliter les prélèvements techniques et scientifiques.

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