#Solidarité
Avec l’initiative Stake2Care, Médecins sans frontières fait entrer les dons dans une nouvelle ère technologique.
Médecins Sans Frontières (MSF) Suisse explore de nouvelles voies pour diversifier et stabiliser ses sources de financement. Avec Stake2Care, l’organisation a lancé une initiative inédite en Europe: utiliser les revenus générés par la blockchain pour soutenir des actions humanitaires, sans que les donateurs ne renoncent à leur capital. Une manière d’inscrire la générosité dans la durée grâce au potentiel de la finance dite on-chain.
Changement de paradigme
Le modèle traditionnel de la philanthropie repose sur un principe simple: un donateur cède une partie de son capital, généralement compensé par un avantage fiscal, à une organisation à but non lucratif. Stake2Care renverse ce schéma: le capital reste entièrement la propriété du donateur. Ce ne sont plus les fonds eux-mêmes qui sont donnés, mais les revenus qu’ils génèrent. Une approche rendue possible par les mécanismes de rendement propres aux blockchains modernes.
Staking
Le programme repose sur le fonctionnement du réseau Ethereum, l’une des principales blockchains utilisées pour les applications décentralisées. Depuis 2022, Ethereum s’appuie sur un système appelé Proof-of-Stake, dans lequel les détenteurs d’ETH - la cryptomonnaie native du réseau - peuvent immobiliser leurs actifs pour contribuer à la sécurité du protocole. Cette opération, appelée staking, génère des récompenses régulières, comparables à un intérêt.
Stake2Care se fonde précisément sur ce rendement. Le participant, qui conserve ses ETH dans son propre portefeuille numérique, se connecte à la plateforme mise en place par MSF. Cette opération se fait directement via l’infrastructure de MSF, et non via une plateforme intermédiaire. L’utilisateur interagit directement avec l’environnement mis en place par MSF, ce qui simplifie la gouvernance et la transparence du dispositif.
Il choisit de staker ses actifs, qui restent pleinement sous son contrôle. Les récompenses produites sont automatiquement reversées à MSF. «Les contributions iront au fonds d'urgence MSF, qui est utilisé pour fournir des soins médicaux au plus tôt lors de situations de crise dans le monde entier», assurait l’organisation en 2024.
Financement complémentaire
Le rendement mobilisable suffit-il à soutenir les projets de MSF? «Par définition, il n’y a jamais assez d’argent. C’est une source de financement complémentaire dont il serait dommage de se priver», répond Emilie-Alice Fabrizi, fondatrice de The Good Token Society. L’association, dont la mission est de promouvoir une adoption responsable des technologies – blockchain et intelligence artificielle notamment – a accompagné MSF Suisse dans ce projet pilote. «Nous avons joué un rôle informationnel et communicationnel», précise-t-elle. L’enjeu pour l’organisation humanitaire médicale internationale était de ne pas dépendre d’un prestataire externe, mais de disposer d’une solution technologique propre et maîtrisée. Les cryptomonnaies peuvent susciter des inquiétudes quant à l’origine des capitaux. Mais, selon Emilie-Alice Fabrizi, les outils actuels permettent de dissiper ces doutes: «Aujourd’hui, tout est traçable. Nous avons les moyens, les méthodes et la technologie nécessaires pour lever toute ambiguïté sur l’origine des fonds».
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