Watches and Wonders: ne manquez rien!

Flavia Govannelli
Publié jeudi 09 avril 2026
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#Horlogerie Comme chaque année, les acteurs de la branche se retrouveront à Palexpo pour le grand rendez-vous horloger, à la fois B to B et ouvert au public. Quelques repères pour s’y retrouver.

Grâce à un partenariat inédit avec le Montreux Jazz Festival, Watches and Wonders Geneva mise sur une programmation musicale d’envergure. L’idée est claire: décloisonner la haute horlogerie en l’associant à la culture populaire et transformer ce salon en véritable festival urbain.

À deux pas de l’horloge fleurie, un club éphémère prendra ses quartiers sur le Quai du Général-Guisan, avec concerts et DJ sets gratuits. Les performances se tiendront sous un pavillon de 600 m2, dans une ambiance mêlant horlogerie et musique live.

Watches and Wonders Geneva sort des murs de Palexpo pour toucher un public plus jeune et local. Le lien n’est pas anodin: horlogerie et musique partagent le goût de la précision, de l’improvisation maîtrisée et de la transmission.

«L’arrivée du Montreux Jazz Club insuffle une énergie nouvelle à cette édition. Ce partenariat, né de valeurs partagées et d’une ambition créative commune, ouvre un espace où l’art, l’innovation et l’émotion se rencontrent. Ensemble, nous offrons aux visiteurs des instants inattendus, des parenthèses de découverte pour célébrer ce qui nous relie profondément: la passion, le rythme et l’émerveillement», raconte Matthieu Humair, CEO, Watches and Wonders Geneva Foundation.

Du sang neuf à Palexpo

L’horlogerie traverse une période contrastée, mais le besoin de se rencontrer reste intact. Cette année, onze nouvelles marques rejoignent le salon, notamment BEHRENS, Bianchet, B.R.M Chronographes, Charles Girardier, CORUM, Credor, Favre Leuba, L’Epée 1839, March LA.B et Sinn Spezialuhren.

Des noms qui ne sont pas toujours familiers du grand public, mais qui illustrent la diversité du secteur, de l’artisanat d’exception à l’horlogerie technique plus accessible.

Audemars Piguet reprend sa place

Très attendu par les médias internationaux, l’arrivée d’Audemars Piguet marque un moment fort de cette édition. La marque avait quitté le Salon international de la haute horlogerie en 2019, juste avant que la pandémie ne vienne rebattre les cartes du secteur. Depuis, elle n’a cessé de consolider sa position. Classée parmi les têtes de file de l’industrie en termes de chiffre d’affaires (environ 2,38 milliards de francs selon Morgan Stanley pour 2025, à confirmer), elle cultive son indépendance tout en affichant une dynamique impressionnante.

Après ses 150 ans célébrés en 2025 et l’inauguration de sa nouvelle manufacture à Meyrin, la maison s’ancre plus que jamais dans le paysage genevois. Sous l’impulsion d’Ilaria Resta, la stratégie s’ouvre davantage au grand public et aux nouvelles générations. Résultat: un stand qui s’annonce parmi les plus courus du salon.

Dans la peau d’un horloger

Comme lors des éditions précédentes, Watches and Wonders Geneva multiplie les expériences immersives. Objectif: faire passer les visiteurs de l’autre côté du miroir.

Conférences pointues, démonstrations à Palexpo, animations dans les boutiques en ville, les initiatives ne manquent pas. Le Village horloger - avec sa Tic-Tac Zone - vise notamment le jeune public à travers des activités ludiques comme une chasse au trésor.

Pour les plus technophiles, Le Lab évolue également. Cet espace dédié à l’innovation accueille une quinzaine de start-up, offrant un aperçu concret de l’horlogerie de demain.

Une note plus contrastée

Malgré un programme séduisant, l’édition 2026 ne peut totalement faire abstraction du contexte international. Le conflit au Moyen-Orient complique certains déplacements, notamment pour les visiteurs transitant par les grands hubs de la région.

Les surcoûts logistiques pèsent également sur les acteurs du secteur, dans un climat encore marqué par les tensions commerciales - notamment les annonces de droits de douane américains en 2025.

Enfin, le grand absent reste Swatch Group. Fidèle à sa stratégie, le géant biennois - emmené par Nick Hayek - privilégie un contact direct avec les marchés via son réseau mondial. Depuis la fin de Baselworld en 2019, il trace sa propre voie. Reste à savoir si cette distance vis-à-vis des grands salons suisses s’inscrira dans la durée.

Avis d’exposants et d’experts

Eberhardt & Co est une marque fondée à La Chaux-de-Fonds en 1887. Elle compte ainsi une longue histoire d’indépendance synonyme de tradition et d’innovation. Son site de production se trouve actuellement en Bavière, près de Munich.

Mario Peserico, directeur général, est l’un des rares à s’être confié avant le salon. «Le contexte géopolitique actuel est très délicat et imprévisible. Nous suivons attentivement la situation et nous nous attendons à quelques absences, notamment de la part de nos interlocuteurs du Moyen-Orient, des régions voisines et de l’Asie en général.

Cela dit, le Salon est désormais un événement international bien établi et incontournable. Nous tablons sur des résultats solides tant en termes d’opportunités commerciales que d’engagement du public, comme les années précédentes. Nous avons encore resserré notre stratégie sur un mode prudent et réfléchi, sans avalanche de nouveautés. Mais nous sommes convaincus que le monde horloger en général saura faire preuve de sa résilience habituelle».

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