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Commerces: les citoyens ont l’occasion de remettre les pendules à l’heure

Stéphanie Ruegsegger Directrice politique générale, FER Genève Publié jeudi 26 mars 2026

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En juin prochain, les Genevois se prononceront une nouvelle fois sur l’ouverture dominicale des commerces. L’enjeu est simple: confirmer une mesure déjà testée et approuvée, qui offre au commerce local une respiration indispensable. 
Rappel. Alors que le droit fédéral autorise quatre ouvertures dominicales par an sans autorisation particulière, les syndicats genevois avaient lancé une initiative pour les interdire. Celle-ci rejetée par le peuple, les citoyens avaient alors préféré un contreprojet, conditionnant ces ouvertures à des compensations généreuses. Lors des débats parlementaires, les syndicats avaient réussi à convaincre les députés de lier ces ouvertures non pas au respect des usages, comme cela était initialement prévu, mais à l’existence d’une convention collective de travail (CCT) étendue. La protection des travailleurs n’était toutefois qu’un prétexte, puisque ces mêmes syndicats se sont empressés de dénoncer la CCT en vigueur, fermant de facto la porte à ces ouvertures dominicales.
Face à cette impasse, le Grand Conseil a mis en place une loi expérimentale: deux dimanches d’ouverture par an, sur deux ans. Malgré un référendum syndical, les citoyens ont validé cette solution. Et l’expérience a été un succès, tant pour les commerçants que pour les clients, locaux comme visiteurs.
Constatant l’utilité économique et le succès de ces dimanches - en particulier avant Noël -, le Grand Conseil a proposé de les pérenniser, en retirant la condition de CCT étendue. Une proposition d’autant plus adéquate que le Tribunal fédéral a jugé ce lien contraire au droit. C’était sans compter sur l’opposition historique des syndicats et des partis de gauche qui ont combattu cette modeste proposition et ont lancé un référendum, avec des arguments quelquefois étonnants. Ainsi, certains élus de gauche s’opposent à des ouvertures pré-Noël pour des motifs religieux. La laïcité qui leur est pourtant habituellement si chère ne tient pas quand il s’agit  d’aider le commerce local. Ceux qui affirmaient que les étudiants faisaient le même travail que le personnel permanent et devaient donc être payés autant dans le cadre des jobs d’été, soutiennent aujourd’hui que ces derniers ne pourraient suppléer les salariés ordinaires lorsqu’ils travaillent un dimanche. Dans ce dossier, nous ne sommes pas à une incohérence près. Le 14 juin, les Genevois ont l’occasion de soutenir un commerce local fragilisé par la concurrence extérieure, les achats en ligne et le covid. Ils peuvent offrir deux dimanches animés et attractifs, tout en garantissant, pour les employés volontaires, des compensations largement supérieures au minimum légal et plus généreuses que dans les autres cantons. Un oui permettra de consolider une mesure pragmatique, équilibrée et plébiscitée. Un véritable coup de pouce à l’économie locale et à la vitalité de nos centres urbains. Un choix gagnant pour tous.