Et si on visitait une bijouterie-joaillerie ce week-end ?

Catherine Schmeer devant son arcade, un lieu à la fois atelier, espace d’exposition et de rencontre.
Catherine Schmeer devant son arcade, un lieu à la fois atelier, espace d’exposition et de rencontre. Georges Fabre©
Pierre Cormon
Publié jeudi 26 mars 2026
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#Journée européenne des métiers d’art Journée européenne des métiers d’art Catherine Schmeer a ouvert en 2023 l’arcade dont elle rêvait, à la fois atelier, salle d’exposition et espace de réception. Elle sera ouverte au public du 27 au 29 mars.

Il aura fallu trente-sept ans et un déclic né de la pandémie. Trente-sept ans pour que la bijoutière-joaillière genevoise Catherine Schmeer, à son compte depuis 1986, ouvre enfin l’espace dont elle rêvait : une arcade qui fait à la fois office d’atelier, de salle d’exposition et d’espace pour recevoir des clients. On pourra découvrir son travail lors des Journées européennes des métiers d’art, du 27 au 29 mars.

Catherine Schmeer a de la suite dans les idées. Elle n’a exercé qu’une seule profession, pour laquelle son intérêt est né lorsqu’elle avait seize ans. « Je me promenais à Lucerne, j’ai aperçu un bijoutier penché sur son établi, dans une arcade, et je me suis dit que c’était le métier que je voulais faire », raconte-t-elle.

Après un CFC à l’école des arts décoratifs, six mois d’histoire de l’art dans une université en Allemagne, trois ans chez le légendaire joaillier Gilbert Albert et une année dans un atelier à Rome, elle se met à son compte, en 1986. « On peut faire davantage de création en étant indépendant», explique-t-elle.

«J’ai imprimé un dépliant décrivant mon activité, que j’ai plié et scellé avec un cachet de cire portant le poinçon de maître que je m’étais dessiné», raconte-t-elle. «Je l’ai distribué dans les boîtes aux lettres du quartier. Cela m’a tout de suite amené des clients.»

Arcade à Carouge

La création représente un petit tiers de son activité, le reste étant consacré à la transformation et aux réparations. Elle crée des bijoux, bien sûr, mais aussi des tableaux en métal, comme ceux actuellement exposés à la fondation WRP dans le cadre de l’exposition New Bauhaus avec Label Genève (un groupement d’artisans d’art).

La création d’un bijou peut prendre de deux à cinq mois. Le client commence par exposer son idée, Catherine Schmeer réalise un dessin, le soumet et choisit la pierre avec le client. L’éventuel travail de sertissage, de gravure et de rhodiage1 est confié à l’extérieur.

Elle aime notamment travailler l’or, qu’elle achète à un seul fournisseur. «Il ne travaille qu’avec du métal recyclé», explique-t-elle. «C’est dans l’air du temps, mais les bijoutiers-joailliers ont toujours pratiqué le recyclage. L’or peut être réutilisé de manière illimitée.»

L’activité connaît des pics à l’approche des fêtes de fin d’année et au printemps, lorsque des couples préparent leurs cérémonies de fiançailles ou de mariage. «Le rapport des clients avec les bijoux peut être très personnel et très fort», raconte-t-elle. «Une cliente m’a un jour amené son alliance et celle de son mari décédé, pour que je les utilise comme éléments d’un nouveau bijou. Lorsque je le lui ai présenté, elle s’est mise à pleurer et a dit : c’est magnifique!»

Tout ce travail était réalisé dans un atelier à l’étage, à Carouge, où peu de monde venait par hasard. La pandémie met les affaires de Catherine Schmeer quasiment à l’arrêt. Elle songe à raccrocher, puis apprend qu’une magnifique arcade s’est libérée rue Ancienne, à Carouge. Ce dont elle avait toujours rêvé. C’est le début d’une nouvelle phase, qui lui amène beaucoup plus de visiteurs qui découvrent l’arcade en passant devant.

Cela tombe bien: elle aime partager, expliquer son métier, le défendre. Elle participe donc régulièrement à des manifestations telles que la Biennale du Parcours des Artisans de Carouge ou la Journée européenne des métiers d’art. Elle s’investit aussi dans des associations professionnelles telles que l’ASMEBI2, très active dans la promotion de la formation professionnelle. «Mon petit atelier ne me permet pas de former moi-même», regrette-t-elle, «mais des parents et des jeunes viennent régulièrement se renseigner sur la profession, dans les manifestations comme la Journée européenne des métiers d’art.»


Nul doute qu’elle en accueillera encore ce week-end. 


Pour en savoir plus : www.metiersdart-genève.ch

 

1 Ce processus consiste à déposer une fine couche de rhodium - un métal - sur les bijoux en or blanc, argent ou platine. Cela les protège contre l’oxydation, accroît leur brillance et leur redonne un aspect neuf.

2 Association suisse romande des métiers de la bijouterie.

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