Pierre Cormon
Journaliste
Publié mercredi 17 juin 2026
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Les altermondialistes déplorent que les déprédations éclipsent le débat de fond. Prenons-les au mot et examinons leurs revendications
«Les médias se focalisent sur les casseurs plutôt que de parler du fond», regrettent les altermondialistes chaque fois qu’une de leurs manifestations donne lieu à des déprédations. L’argument est recevable. Oublions un instant les déprédations et penchons-nous sur le fond.
Mais quel fond, au juste? La manifestation de NoG7 était un assemblage de causes hétéroclites, où les militants propalestiniens côtoyaient les femmes paysannes, les mouvements LGBTQI+ les antifas, les écologistes et les mouvements pro-kurdes. Le seul liant était la dénonciation du G7, présenté par le site des organisateurs comme «une institution illégitime et obsolète», dont ils exigent la dissolution.
Qu’est donc cette monstrueuse créature? Il s’agit d’un forum où des dirigeants élus se rencontrent pour discuter et, quand tout va bien, coordonner leurs politiques. Leur légitimité? Ils ont tous été élus au suffrage universel. Ce n'est pas le cas des responsables de NoG7.
Exiger la dissolution du G7 revient donc à vouloir interdire que des dirigeants élus se rencontrent. On a beau retourner la question dans tous les sens, on ne voit pas quel principe démocratique pourrait justifier une telle atteinte aux libertés fondamentales.
Peut-être alors la colère des anti-G7 se justifie-t-elle par les résolutions (juridiquement non contraignantes) annoncées à la fin des sommets? Parmi les plus marquantes figurent l’annulation de la dette de certains pays pauvres (G8 de 2005), la coordination des sanctions contre la Russie (G7 de 2022) ou le soutien au programme de l’OCDE visant à instaurer une taxation minimale des multinationales (qui constituent l’une des cibles des altermondialistes). Au programme du G7 d’Evian-les-Bains figure notamment le rétablissement de la stabilité au Moyen Orient.
On a le droit de ne pas être d’accord, ou d’estimer que ces promesses ne sont jamais tenues. On ne comprend en revanche toujours pas quel principe démocratique permettrait d’interdire à des dirigeants élus de prendre de tels engagements.
Bref, vouloir abolir le G7, c’est vouloir interdire aux gens qui ne pensent pas comme nous de se réunir. Un peu comme si les partis non représentés au parlement exigeaient la dissolution de celui-ci. C’est parfaitement antidémocratique, et parfaitement injustifiable.
Voilà pour le fond. Peut-on reparler des préjudices subis par les entreprises, maintenant?
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