G7: l'économie hausse le ton

L'économie genevoise craint que les manifestations anti-G7 donnent lieu à des débordements (image générée avec l'IA).
L'économie genevoise craint que les manifestations anti-G7 donnent lieu à des débordements (image générée avec l'IA). adobestock
Pierre Cormon
Publié jeudi 26 mars 2026
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#Genève Les manifestations en marge du G8 d'Evian, en 2003, ont causé des dizaines de millions de francs de dégâts. Le canton doit agir pour que cela ne se reproduise pas lors du G7 de juin 2026.

Chaque jour, des dizaines de commerçants et de restaurateurs inquiets appellent Flore Teysseire, secrétaire patronale de Genève Commerces et du Groupement professionnel des restaurateurs et hôteliers. Le G7 se tiendra du 15 au 17 juin prochain à Evian-les-Bains, non loin de Genève. Or, le G8 qui s'est tenu au même endroit en 2003 a laissé un très mauvais souvenir. «Samedi 31 mai 2003, plus de quarante commerces et entreprises ont été incendiés et pillés, pour un total de plusieurs millions de francs», rappelle Arnaud Bürgin, directeur général de la FER Genève. «Dimanche 1er juin 2003, à nouveau, les vitrines de plusieurs commerces ont été brisées et les magasins pillés. Le lendemain, plusieurs commerces ont été dévalisés et pillés, surtout sur la rive droite.» La ville s'était pourtant couverte de barricades, la police avait reçu le renfort de mille sept cents policiers d'autres cantons et d'Allemagne et l'armée suisse avait effectué son plus grand déploiement depuis la Seconde Guerre mondiale (plus de cinq mille six cents militaires). En vain.

Protection

Les entreprises veulent donc comprendre comment se protéger d'une telle flambée de violence en juin prochain. «Elles veulent savoir comment elles peuvent assurer la sécurité de leur personnel, si elles doivent fermer ou se barricader», résume Flore Teysseire. Quant aux hôteliers, ils ont enregistré une baisse de 10% à 15% des réservations pendant cette période par rapport à 2025, alors qu'ils devront déjà compter sans la lucrative clientèle moyen-orientale cet été. «Des clients annulent aussi leur séjour», ajoute Xavier Rey, vice-président de la Société des hôteliers de Genève. Or, l'image d'une ville est plus rapidement ternie que redorée.

Demandes

Le Conseil d'Etat, alerté à plusieurs reprises, n'a pas encore réagi. Une trentaine d'associations représentatives de l'économie lui ont donc écrit pour lui demander de prendre des mesures propres à limiter des risques de débordement sans paralyser totalement l'économie. Elles demandent notamment:

  • l'interdiction de toutes les manifestations à caractère politique dans le canton, du 10 au 21 juin (les manifestations culturelles et sportives ne sont pas concernées);
  • la mise en place de dispositifs de protection adaptés pour protéger les entreprises d'actes de vandalisme;
  • la création et la mise en œuvre d'un mécanisme d'indemnisation rapide pour les entreprises qui subiraient des dommages à la suite de débordements ou qui se verraient contraintes de réduire ou suspendre leur activité pendant cette période.
Les besoins de la logistique devront également être pris en compte dans la gestion de l'événement. «On ne peut pas paralyser des points et des axes essentiels comme l'autoroute de contournement, les pénétrantes ou la Place Lise- Girardin» (anciennement Place des Vingt-Deux Cantons - ndlr), souligne Andrea Genecand, président de la section genevoise de l'Association suisse des transports routiers (ASTAG).
 

Fragilité

Le commerce et la restauration sont plus fragiles qu'en 2003: ils ont affronté la concurrence du commerce en ligne, la pandémie, les grands travaux d'infrastructure, etc. «Beaucoup d'entreprises ne survivraient pas à une répétition des événements de 2003», prévient Flore Teysseire. La balle est dans le camp du Conseil d'Etat. Et s'il ne prenait pas les mesures nécessaires? «Nous pourrions l'actionner en responsabilité», prévient Arnaud Bürgin. A bon entendeur.
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