La folle vitesse des sous-traitants chinois

Les sous-traitants chinois font des progrès rapides, tant en Chine qu’à l’étranger.
Les sous-traitants chinois font des progrès rapides, tant en Chine qu’à l’étranger.
Pierre Cormon
Publié jeudi 19 juin 2025
Lien copié

#Automobile Les sous-traitants chinois sont en progression grâce au soutien des autorités et à leur rythme de travail très rapide.

Alors que les constructeurs chinois vendent près d’une automobile sur trois dans le monde, ils se fournissent encore beaucoup auprès de sous-traitants étrangers. Les choses sont cependant en train de changer, remarque l’hebdomadaire allemand Die Wirtschaftswoche. Les sous-traitants chinois font des progrès rapides, tant en Chine qu’à l’étranger. Alors qu’ils ne représentaient que 5% du chiffre d’affaires des cent plus grandes entreprises du secteur dans le monde en 2018, ce chiffre est monté à 9% en 2024. Leurs principaux atouts: la vitesse et la flexibilité. «De la commande au début de la production, en Chine, il peut s’écouler jusqu’à six mois», selon Tom Janik, directeur du sous-traitant allemand Witte Automotive. «En Europe, jusqu’à trente mois.»

Soutiens

Comment les Chinois y parviennent-ils? Notamment en travaillant beaucoup – les semaines de six jours à raison de neuf heures de travail quotidiennes sont fréquentes. Ils privilégient souvent la rapidité à la qualité. Les autorités locales soutiennent activement les entreprises à coups de subventions, d’allègements fiscaux et de terrains. Mais ce n’est pas tout. Leurs méthodes de travail sont aussi très efficaces. Les sous-traitants chinois sont très réactifs, dans un pays où leurs clients formulent régulièrement de nouvelles exigences et veulent des réponses quasi immédiates à leurs demandes. Alors que les Européens mettent souvent en œuvre les phases de développement d’un projet les unes après les autres, les Chinois les exécutent simultanément. Les Européens réalisent des prototypes, les Chinois des simulations sur ordinateur.

S’adapter au rythme chinois

Pour les concurrencer, les sous-traitants européens n’ont d’autre choix que de s’adapter au rythme chinois. C’est ce qu’a fait l’entreprise allemande Witte Automotive. Elle a dû prendre en moins de vingt-quatre heures la décision d’investir plusieurs centaines de milliers d’euros en Chine pour répondre à la demande d’un client sur place. Ses deux directeurs dans le pays travaillent soixante heures par semaine, le directeur en Allemagne se lève à cinq heures du matin pour pouvoir répondre rapidement à leurs questions.

insérer code pub ici