La Maison de la Rivière, sentinelle romande des cours d’eau

Le musée propose des expositions immersives, des animations en plein air et des espaces d’échange.
Le musée propose des expositions immersives, des animations en plein air et des espaces d’échange. Photo Yann Laubscher/La Maison de la Rivière
Flavia Giovannelli
Publié mardi 20 janvier 2026
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#Valorisation Depuis dix ans, la fondation s’engage activement en faveur de la biodiversité locale des milieux aquatiques.

Un poisson, comment ça marche? C’est le thème de l’exposition consacrée aux poissons suisses d’eau douce, présentée à La Maison de la Rivière, à Tolochenaz, jusqu’au 15 mars 2026. Elle illustre parfaitement la vocation de ce centre de compétences romand, articulé autour de trois missions principales: la sensibilisation du public, la protection des milieux aquatiques et la recherche scientifique. Cours d’eau, lac, étangs, marais, tourbières et zones humides sont au cœur de ses activités.

Le musée propose des expositions immersives, des animations en plein air et des espaces d’échange pour explorer ce patrimoine naturel aussi discret que précieux.

En plein cœur de l’hiver, l’atmosphère rappelle celle des rivières de la région, comme assoupies. Cela n’empêche pas Damien Robert-Charrue, directeur des lieux, de vaquer à ses tâches quotidiennes. Il jette un œil aux différents stades de développement des larves et alevins d’ombles chevaliers dans les aquariums didactiques: une étude est en cours sur la reproduction de ce poisson emblématique des eaux douces alpines.

Outre l’exposition principale, pensée selon deux parcours distincts - l’un pour les enfants, l’autre pour les adultes - le visiteur découvre une maquette en trois dimensions du bassin versant du Boiron de Morges et de ses environs. Des cartes thématiques y sont projetées, permettant d’appréhender le territoire par le toucher tout en visualisant des données scientifiques, historiques ou culturelles. Ces informations évoluent en fonction des besoins et de l’actualité du bassin versant.

Dans les espaces situés à l’arrière des salles d’exposition, des chercheurs travaillent dans le laboratoire. À l’extérieur, malgré les températures fraîches, diverses infrastructures permettent de chercher à comprendre les facteurs de réussite de la reproduction de certaines espèces aquatiques, tout en les observant sans les perturber. La Maison de la Rivière fourmille de projets.

Ingénieur en gestion de la nature, Damien Robert-Charrue défend une vision résolument holistique de son métier. «La qualité de l’eau influence toute la vie économique, écologique, agricole et la santé publique», souligne-t-il. C’est notamment ce constat qui motive la relance par l’Association Suisse des Gardes-Pêche, cette année, de la campagne Sous chaque grille coule une rivière, destinée à sensibiliser le public à sa responsabilité individuelle. «Jeter un mégot ou un papier dans l’espace public n’a rien d’anodin», rappelle-t-il.

À l’heure où la pollution des cours d’eau suisses suscite des inquiétudes, notamment en raison de la présence de polluants dits éternels, la prise de conscience doit progresser. Mais le directeur du centre observe une forme récente de saturation. «Il faut relancer l’attention du public: nous faisons face à des molécules invisibles dont les effets sur la santé et l’environnement ne sont aujourd’hui pas encore bien compris», avertit-il.

Comme souvent, plus la sensibilisation est précoce, meilleures sont les chances de succès. À Genève, où les équipes interviennent également, il garde un souvenir ému d’une journée découverte avec des classes de l’École de commerce André-Chavanne. «C’était au printemps, mais il faisait froid et humide. Rien de très engageant pour des adolescents urbains à l’idée d’enfiler des bottes en caoutchouc et de réaliser quelques prélèvements simples au Nant d’Avril. Et pourtant, à midi, plus personne ne voulait sortir de l’eau!» Un enthousiasme qu’il espère voir renaître lors des Rencontres de l’eau, organisées le 6 février prochain à la Haute école du paysage, d’ingéniérie et d’architecture de Genève (hepia). Cette journée réunira scientifiques, ingénieurs, gestionnaires, entrepreneurs, pêcheurs et artistes autour d’un symposium consacré aux défis liés à l’eau. L’objectif est de faire se rencontrer les acteurs de l’eau, aussi bien ceux qui travaillent dans le domaine de l’écologie, de l’économie que du social afin de trouver des solutions viables et à long terme pour la gestion de ce bien commun qu’est l’eau.

Créée le 20 décembre 2007 par l’Université de Lausanne, l’hepia et l’Association Truite Léman, la fondation La Maison de la Rivière rassemble des compétences pluridisciplinaires pour étudier, pour protéger et pour valoriser les habitats aquatiques et leurs espèces, dans le respect du développement durable.


À noter

Les Rencontres de l’eau - 6 février 2026 - hepia Genève – gratuit.
La Maison de la Rivière, le ColLaboratoire (unité de recherche-action collaborative et participative de l’Université de Lausanne) et l’hepia organisent une journée de conférences et d’échanges destinée aux institutions, aux associations, aux organisations non gouvernementales actives dans le domaine de l’eau, ainsi qu’au grand public.

Des glaciers aux Bains des Pâquis - du 12 mars 2026 au 5 mai 2026 – Bains des Pâquis Genève – Gratuit.
Michel Roggo présente ses clichés subaquatiques dans le cadre d’une exposition itinérante sur le trajet d’une goutte d’eau, des glaciers à la rade genevoise. L’exposition est visible dès le 12 mars sur la jetée des Bains des Pâquis, puis en différents lieux de la ville durant toute l’année.

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