Pour Willy Cretegny, président de l’Association des marchés de Genève, la réponse est claire: le marché de Rive doit rester à son emplacement actuel, sur le boulevard Helvétique et les rues adjacentes.
Deux raisons principales motivent cette position.
La première est pragmatique: l’espace disponible à Pierre-Fatio, où pourraient s’installer les futures Halles provisoires, ne permettrait pas d’accueillir simultanément l’ensemble des activités concernées.
La seconde tient à l’évolution même du quartier. Une fois piétonnisé et végétalisé, le secteur devrait offrir davantage de place aux terrasses, une perspective attendue par de nombreux restaurateurs. Des établissements réputés comme le Café Léo ou Roberto pourraient ainsi développer leur capacité d’accueil dans un cadre plus attractif.
«Cela impliquerait de démonter les terrasses et de réorganiser toute l'installation deux jours par semaine, le mercredi et le samedi, lorsque se tient le marché. Ce serait extrêmement compliqué», résume Willy Cretegny. Le vigneron-encaveur souligne toutefois qu’il partage les mêmes objectifs que les restaurateurs. Tous ont intérêt à renforcer l’animation du centre-ville et à attirer davantage de visiteurs dans le quartier.
Le débat oppose moins les partisans et les adversaires du projet que deux manières de voir la ville: l'une, pragmatique, attentive aux réalités du terrain; l'autre plus prospective, qui cherche à redessiner durablement le cœur de Genève.
Certains commerçants et observateurs continuent de penser que le marché aurait intérêt à suivre temporairement le déplacement des Halles vers Pierre-Fatio. Parmi eux figure Maxime Provini, cofondateur d’Ôcaves et conseiller municipal, impliqué depuis longtemps dans les réflexions concernant le secteur. S’il se réjouit de la transformation de Rive, qu’il juge nécessaire et attendue depuis longtemps, il regrette le maintien du marché sur le boulevard Helvétique. «J’y vois une vision un peu passéiste de l’aménagement du centre-ville. Genève ne peut pas se contenter de solutions partielles ou bricolées, comme si les questions de circulation ou la réduction de la place de la voiture suffisaient à résoudre tous les enjeux», estime-t-il. À ses yeux, accompagner le déménagement provisoire des Halles permettrait de préserver les flux de clientèle pendant la durée du chantier et de renforcer l’attractivité du futur cœur piétonnier.
Dans un canton en forte croissance, Maxime Provini estime que ce secteur mérite une vision plus ambitieuse, à la hauteur de ce qu’il considère comme l’un des centres névralgiques de l’identité genevoise. Une opinion que partagent, en coulisses, plusieurs autres acteurs du quartier.
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