Pas assez d’apprentis et d’entreprises formatrices à Genève

Genève aurait besoin de 8500 places d'apprentissage supplémentaires.
Genève aurait besoin de 8500 places d'apprentissage supplémentaires. Olivier Vogelsang
Steven Kakon
Publié jeudi 26 février 2026
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#Apprentissage A Genève, seule une personne sur cinq opte pour l’apprentissage, contre près de deux tiers à l’échelle nationale.

Si, en Suisse, 4,5% des emplois sont occupés par des apprentis, ce taux n’est que de 1,7% à Genève. En d’autres termes, pour atteindre la moyenne nationale, Genève aurait besoin de huit mille cinq cents places d’apprentissage supplémentaires, s’ajoutant aux près de cinq mille existantes et devrait doubler son taux d’entreprises formatrices d’apprentis (9% à Genève contre 18% à l’échelle nationale), écrivait la Fondation pour l’attractivité du canton de Genève en 2024.

Dans un rapport datant de 2023, le Conseil d’Etat explique le faible taux d’offres d’apprentissage par les caractéristiques du tissu économique, doté d’un nombre élevé d'organisations et d'entreprises internationales et multinationales qui connaissent peu le système de formation professionnelle suisse, la forte tertiarisation de l'économie genevoise (plus de 85% des emplois) avec un grand nombre de métiers de service, ainsi qu'une demande de qualification particulièrement élevée. Bien que le canton de Genève enregistre depuis quelques années une progression encourageante du nombre d’apprentis, son taux de formation duale demeure inférieur à celui d’autres régions suisses, en raison notamment d’un paysage éducatif fortement marqué par les écoles à plein temps. Conscients des enjeux, les partenaires de la formation professionnelle ont intensifié leurs efforts en matière d’information et d’orientation afin de mieux valoriser cette filière qui offre un excellent taux d’employabilité sur le marché.

Le département de l’instruction publique, de la formation et de la jeunesse (DIP) par le biais de l’OFPC, met à la disposition des entreprises de nombreuses mesures de soutien et de facilitation, particulièrement pour les PME, afin qu’elles s’engagent dans la formation duale et ouvrent des places d’apprentissage. Ces dispositifs influencent directement le rôle, la charge et la reconnaissance des formateurs en entreprise. Sollicitée, Anne Hiltpold, conseillère d’État chargée du Département de l’instruction publique (DIP) dresse un état des lieux. «Des actions de prospection ciblées sont menées en collaboration avec les milieux professionnels pour inciter de nouvelles entreprises à devenir formatrices et encourager celles qui forment déjà à augmenter et à diversifier leurs places d’apprentissage. Les procédures de demande d’autorisation de former sont simplifiées et facilitées. Des dispositifs de formation innovants, tels les réseaux d’entreprises formatrices, sont proposés aux entreprises aux activités complémentaires qui souhaitent s’associer pour former. Enfin, des recrutements en direct pour l’apprentissage sont organisés tout au long de l’année afin de faciliter les rencontres entre les jeunes et les entreprises.»

La cheffe du DIP détaille également ses ambitions. «Pour convaincre davantage d’entreprises à franchir le pas, le DIP intensifiera la communication auprès des employeurs pour montrer que former un apprenti est un réel levier de développement pour les entreprises genevoises et permet notamment de former de nouveaux talents, renforcer la compétitivité et s’ancrer durablement dans l’économie locale.» A noter que le canton dispose d’un mode d’emploi clair et complet pour devenir entreprise formatrice. En Ville de Genève, un fonds d’apprentissage soutient financièrement les entreprises pour chaque nouvel apprenti engagé.

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