Hausse de la criminalité à Genève: les chefs d'entreprise s'inquiètent

+14,1%: c'est la hausse des infractions au Code pénal enregistrées à Genève entre 2022 et 2025.
+14,1%: c'est la hausse des infractions au Code pénal enregistrées à Genève entre 2022 et 2025. Pexels
Steven Kakon
Publié jeudi 13 août 2026
Modifié vendredi 14 août 2026
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#Sécurité Genève reste le deuxième canton le plus exposé à la criminalité en Suisse. Une étude de la FLAG alerte sur une dégradation ressentie par près de 70% des dirigeants d'entreprise, et appelle à moderniser les moyens technologiques. La police nuance.

A Genève, la criminalité progresse et l’inquiétude gagne les milieux économiques. C’est ce que révèle la Fondation pour l’attractivité du canton de Genève (FLAG) dans une étude publiée ce 13 août. 

Entre 2022 et 2025, le nombre d'infractions au Code pénal enregistrées dans le canton a grimpé de 14,1%. Rapportée à la population, la fréquence de la criminalité grimpe de 86 à 94,2 infractions pour 1000 habitants.

Le principal responsable de cette envolée? Les atteintes au patrimoine, qui représentent à elles seules près des trois quarts des infractions recensées. Vols, cambriolages et escroqueries, tous progressent. Plus frappant encore, les home-jackings ont presque doublé, passant de 11 à 18 cas en trois ans. Quant aux violences graves, elles bondissent de 21,4% sur la même période.
 

 

Genève n'est pas un cas isolé: Vaud enregistre une hausse de 50,3%, Bâle-Ville de 17,7%, Zurich de 9,2%. Mais le canton du bout du lac reste le deuxième plus exposé à la criminalité en Suisse, juste derrière Bâle-Ville.
 

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A ces statistiques cantonales s’ajoute un volet qualitatif. En 2025, la FLAG a sondé 88 dirigeantes et dirigeants d’entreprises de différentes tailles, représentant près de 30000 emplois (soit 10% du total des emplois dans le canton). Résultat: près de 70% des répondants estiment que la situation s’est dégradée au cours des trois dernières années. Sur un panel ciblé de 190 entreprises genevoises, cela correspond à un taux de participation de 46%.

Face à ces constats, la FLAG formule trois recommandations. D'abord, moderniser les moyens technologiques. Elle cite en exemple les bodycams, les lecteurs automatiques de plaques d'immatriculation (LAPI) et les systèmes de recherche automatisée de véhicules, déjà utilisés ou testés dans plusieurs cantons romands. Ensuite, renforcer la présence visible des forces de l'ordre sur le terrain. Enfin, mieux articuler prévention, répression et accompagnement des victimes.

La FLAG conclut que la sécurité n'est plus un acquis, mais une condition cadre stratégique à part entière, au même titre que la fiscalité, les infrastructures ou la stabilité institutionnelle.
 


La police nuance 


Ce rapport a fait réagir la police cantonale genevoise. Dans un communiqué diffusé le lendemain de sa publication, le 14 août, elle qualifie d’«exact» le constat de hausse des infractions de 14,1% observée sur la période 2022-2025, tout en invitant à replacer cette progression dans une perspective temporelle plus large. La période retenue dans le rapport débute en effet après la pandémie et englobe le pic de 2024. 

«Depuis 2015, le total des infractions au code pénal a suivi une tendance de fond à la baisse», écrit la police. En 2015, 58’800 infractions ont été enregistrées à Genève. Leur nombre a ensuite diminué jusqu’à 38’234 en 2021, un point bas qu’elle relie notamment à la crise du Covid-19 et à la réduction des déplacements. Après 43’838 infractions en 2022, le total a atteint 52’146 en 2024, avant de reculer à 50’020 en 2025. Sur dix ans, la tendance est la même pour les atteintes au patrimoine et les cambriolages. 

Concernant le classement intercantonal, la police rappelle que «Genève est un territoire presque entièrement urbain, là où des cantons comme Zurich ou Vaud intègrent de vastes zones périurbaines et rurales qui abaissent mécaniquement leur moyenne».

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