Manifestation NoG7: une décision suspendue au vote du Grand Conseil
Un projet de loi, doté d’une enveloppe de six millions de francs destinée à couvrir d’éventuels dommages subis par les entreprises, a été soumis au Grand Conseil.
SK / ER
Steven Kakon
Publié mercredi 20 mai 2026
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#Politique
L'autorisation de la mobilisation le 14 juin se heurte à un projet de loi du PLR qui prévoit une interdiction totale. Arnaud Bürgin, directeur général de la FER Genève, dénonce une décision «trop tardive» et lourde de risques.
La manifestation de la coalition noG7 est autorisée le dimanche 14 juin dès 16h, mais exclusivement sur la Rive droite. Plus de 10000 personnes sont attendues. En revanche, toutes les autres manifestations seront interdites du 12 au 17 juin, à l’exception des évènements déjà programmés. C’est ce qu’a décidé ce 20 mai le Conseil d’Etat qui s’est appuyé sur l’expertise et les recommandations de la police cantonale.
«Une interdiction générale ne fait que disperser la manifestation, avec le risque d’avoir une foule qui n’est pas canalisée», argumente la commandante Monica Bonfanti. Contrairement à 2003, les réseaux sociaux permettent une mobilisation très rapide. Un autre rassemblement est prévu à Annemasse.
Reste un problème de taille: le Grand Conseil doit se réunir en session extraordinaire pour voter sur un projet de loi du PLR visant à interdire toutes les manifestations du 10 au 19 juin. «Ce projet de loi est incompatible avec la décision de ce jour», déplore Carole-Anne Kast déterminée à convaincre les députés de ne pas l’accepter. Si ces derniers approuvent le projet avec la clause d’urgence, il entrera en vigueur et se substituera à la décision du Conseil d’Etat. Le cas échéant, «nous reviendrons auprès des organisateurs et serons maintenus à une décision de justice», étant donné que la décision fera l’objet d’un recours.
Six millions de francs
Les débordements et déprédations n’étant pas à exclure, le gouvernement prend les devants avec une enveloppe de six millions de francs. Un projet de loi a été soumis au Grand Conseil. Cette aide financière extraordinaire couvrira les éventuels dommages survenus entre le 12 et le 18 juin, notamment:
• les dommages causés aux vitrines, façades, portes, enseignes et installations fixes
• les dommages causés aux locaux commerciaux
• les dommages causés au mobilier, aux équipements, aux machines et aux marchandises.
«Cette aide est subsidiaire aux assurances et aux tiers», précise la conseillère d’Etat Delphine Bachmann. Les entreprises auront le choix entre le remboursement des frais effectifs ou l’octroi d’une avance.
«Je déplore le manque de courage du Conseil d’Etat qui aurait dû prendre ces décisions il y a plusieurs mois», réagit Arnaud Bürgin qui craint des débordements importants. «Une interdiction ou une autorisation de la manifestation annoncée plus tôt aurait permis aux commerçants de se protéger. Maintenant, c’est trop tard. En l’autorisant, le gouvernement accepte les débordements».
Si le directeur général de la FER Genève salue la mise en place de cette première enveloppe, il souhaite aller plus loin : garantir une indemnisation pour tous les commerces concernés, y compris pour le manque à gagner. «Nous allons faire monter la pression», prévient-il.
Système de macarons
Le renforcement des contrôles aux frontières décidé par le Conseil d’Etat en collaboration avec les douanes (OFDF) occasionnera des ralentissements aux points de passages ouverts du 11 au 18 juin.
Afin de permettre des accès prioritaires plus fluides aux personnels essentiels des services et infrastructures critiques, le Conseil d’Etat a décidé la mise en place d’un dispositif de macarons permettant un accès aux points de passage frontaliers de Bardonnex et de Thônex-Vallard. En complément, des ouvertures spécifiques de douanes secondaires seront activées sur des plages horaires déterminées afin d’assurer la fluidité des déplacements des titulaires.
Ces macarons sont strictement réservés au personnel essentiel des services et infrastructures critiques, notamment les domaines de la santé et de la sécurité (hôpitaux, services d’urgence, forces de l’ordre, secours), ainsi que certaines catégories de personnel des infrastructures essentielles telles que les TPG, les SIG, et Genève Aéroport.
Afin d’assurer l’efficacité des accès prioritaires, l’éligibilité est définie selon des critères harmonisés: présence indispensable sur site, fonction opérationnelle non différable, horaires fixes ou service de piquet et domicile en France.
Les macarons seront personnels et intransmissibles. Leur usage sera soumis à contrôle et toute utilisation abusive ou falsification fera l’objet de poursuites.
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