Xavier Rey: «L’été est médiocre pour les hôtels genevois»

Xavier Rey est président des hôteliers genevois et vice-président de Genève Tourisme.
Xavier Rey est président des hôteliers genevois et vice-président de Genève Tourisme. Guilhem Vellut
Steven Kakon
Publié jeudi 20 août 2026
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#Interview Après une saison estivale difficile, le président des hôteliers genevois dresse un état des lieux sans concession et plaide pour un enrichissement de l'offre culturelle dans le canton.

Guerre au Moyen-Orient, canicule, G7, franc fort… l’actualité mouvementée de ces derniers mois s’est fait sentir dans les hôtels genevois. Dans ce contexte tendu, le secteur continue de soutenir activement le développement de l'offre culturelle à Genève. Le point avec Xavier Rey, président des hôteliers genevois et vice-président de Genève Tourisme.
 
Quel bilan tirez-vous de l'été pour les hôtels genevois?

Le G7 a provoqué une baisse du chiffre d'affaires en juin. Et l’été s'avère médiocre pour plusieurs raisons. D’abord, la clientèle du Moyen-Orient est peu venue en raison du conflit. Par ricochet, les habitants d’autres régions, comme l’Asie, ont eux aussi renoncé à venir en Europe, ne souhaitant pas transiter par les hubs aériens du Moyen-Orient. Ensuite, la canicule a joué un rôle évident: les voyageurs évitent de s'enfermer dans un centre urbain qui a tendance à retenir la chaleur, et privilégient la campagne et la montagne. On a aussi observé des disparités marquées entre les hôtels climatisés et les autres. Troisième facteur: le franc fort, qui a pesé sur l'attractivité de la destination puisque nous avons perdu une clientèle résiliente face à la force du franc, avec un fort pouvoir d’achat et de dépenses, et qui fait tourner toute l’économie: hôtels, commerces, taxis, restaurants. Elle a été remplacée par une clientèle plus économe et sensible au fluctuation monétaire. Résultat: moins de nuitées et un prix moyen plus bas. C'est d'ailleurs pour ces raisons que je conteste la manière dont certains mesurent aujourd'hui la santé du secteur à travers le seul indicateur des nuitées.

Pourquoi le calcul des nuitées ne reflète-t-il pas la réalité?

Les nuitées ne donnent qu'un indice de fréquentation, pas de performance économique. Prenons un exemple: six personnes, qui louent chacune leur chambre, soit six chambres pour l’hôtel, ce n'est pas la même chose que six personnes qui dorment dans une seule et même chambre. Pourtant, dans les deux cas, on comptabilise le même nombre de nuitées, soit six.

Avec quel indice faudrait-il le combiner?

Idéalement, avec un indice de consommation. Nous disposons, côtés hôteliers, du prix moyen par chambre, du prix moyen par client, et du RevPAR [ndlr: revenu par chambre disponible], trois données parlantes. Si je vends une chambre à 100 francs pour une personne, j'obtiens 100 francs par personne. Si je vends une chambre à 300 francs pour six personnes, je n'obtiens plus que 50 francs par personne. Un indice seul n’est jamais représentatif.

Les hôteliers soutiennent l’événement Genève Rêve d’Eau du 7 au 30 août sur la rade. Pourquoi?

Cet événement répond à notre vision car il est aussi bien pensé pour les genevois que pour les touristes et Genève Tourisme a été l’un des sponsors pour cet événement Genève Rêve d’Eau. Dès lors que Genève Tourisme soutient ce type d'événement, les hôteliers ont naturellement à cœur d’appuyer la démarche: c'est un travail d'équipe. Plusieurs noms d'hôtels apparaissent d'ailleurs à la fin du spectacle. Ce sont ceux qui ont accompagné l'organisateur, via des contrats de prestation, pour en faire un succès.

Le spectacle a-t-il eu un impact sur la fréquentation des hôtels?

Non, et ce n'est pas surprenant. Un événement doit être communiqué bien à l'avance pour attirer les touristes, ce qui n’a pas été le cas pour ce spectacle. Ce n'est en rien un reproche adressé à l'organisateur. Au contraire, il a comblé au pied levé un vide. Depuis longtemps, nous demandions qu'il se passe quelque chose à Genève l'été. Les petites représentations proposées tout au long de la journée répondaient précisément à notre attente. Nous sommes très satisfaits du résultat et espérons que l'événement se pérennisera d'année en année sous une forme ou l’autre, afin de pouvoir, à terme, le promouvoir aussi à l'étranger. Ce type d'initiative répond à un vrai besoin pour le tourisme genevois et son attractivité. Nous le recommandons à nos clients qui logent dans nos hôtels, qui en reviennent enchantés. D'autres initiatives menées les années précédentes n'avaient pas eu la même portée.

Genève manque d’offre culturelle, selon vous?

L’offre culturel est déjà présente. Genève Tourisme a récemment signé un accord-cadre de partenariat avec la Ville pour promouvoir la culture, mais la compétition européenne est importante. Si Genève a besoin de ce genre d’initiative, c’est aussi pour se démarquer d’autres villes proposent davantage ou différemment. 

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