#G7
Les hôtels genevois enregistrent une baisse des nuitées de 10 à 15%, malgré la présence de délégations et des rabais spécial G7, remarque leur président Xavier Rey
Les hôtels genevois sont aux premières loges du G7, qui se tiendra à Evian-les-Bains du 15 au 17 juin 2026. Tant parce que l'événement entraîne une baisse des nuitées, mais aussi parce que nombre d'entre eux se trouvent dans le secteur où devrait passer la manifestation des opposants au sommet. Le point avec Xavier Rey, président de la Société des Hôteliers de Genève.
On parle de nombreuses annulations dans les hôtels genevois, Pouvez-vous confirmer?
Oui, nous enregistrons de nombreuses annulations pour la période du G7. On parle de manifestations, de commerces fermés, de restrictions à la mobilité… Cela crée un climat anxiogène qui n'incite pas à venir à Genève pendant cette période.
Ces annulations concernent-elles plus le tourisme de loisir ou d'affaires?
Les deux. Il y aura des obstacles à chaque étape du parcours d'un visiteur: le fonctionnement de l'aéroport sera altéré, se déplacer sera plus difficile, des commerces seront fermés, l'activité économique tournera au ralenti, de nombreuses personnes seront en télétravail… Il y a de quoi décourager des visiteurs des deux catégories.
Ces nuitées sont-elles repoussées ou tout simplement annulées?
Une petite partie des nuitées sera sans doute repoussée, mais la plupart sera tout simplement perdue. Les hôtels sont généralement pleins pendant cette période et nous ne pouvons pas créer des chambres qui n'existent pas pour compenser les nuitées perdues pendant le G7.
N'avez-vous pas une clientèle liée au sommet?
Il y a effectivement quelques délégations techniques, mais cela ne suffit pas pour compenser la baisse, et de loin.
De nombreux hôtels ont proposé des rabais G7 aux membres de la FER Genève et de la CCIG. Avez-vous de la demande?
Environ trois cents jusqu'à présent (l'interview a été réalisé le mardi 2 juin matin, ndlr). L'un dans l'autre, le taux d'occupation sera de 10 à 15% inférieur à celui d'une année normale.
Le canton propose d'indemniser d'éventuels dégâts matériels liés au G7, mais pas le manque à gagner. Qu'en pensez-vous?
Tout ce qui est accordé est déjà une bonne chose, et un progrès par rapport aux manifestations anti-G8 en 2003 (la décision de créer une cellule d'indemnisation avait été prise tardivement, après les premiers dégâts, ndlr). Quant aux baisses de chiffre d'affaires, elles peuvent être difficiles à chiffrer, mais seront néanmoins réelles.
Beaucoup d'hôtels se situent sur la Rive droite, dans le périmètre de la manifestation. Est-ce un souci?
Oui, mais comme nous l'avons écrit à nos membres, il revient à chaque établissement d'évaluer son exposition en fonction de son emplacement, de son exposition internationale, de sa couverture d'assurances… Cela dit, se protéger n'est pas facile. Les façades sont souvent très grandes. Les recouvrir coûterait des sommes astronomiques, dans un contexte ou la demande a renchéri l'offre et où l'incertitude quant à la manifestation perdure. De plus, imaginez l'effet qu'aurait un hôtel barricadé sur une personne qui se rendrait à Genève avant le G7. Il serait désastreux, tant pour l'image de l'hôtel que pour celui de la ville.
"Une opération sentimentale"
Président de la Société des Hôteliers de Genève, Xavier Rey est aussi directeur général de la société familiale Rey Group, présidé par son père Christian Rey.
Vous avez repris le restaurant du Creux-de-Genthod l'an dernier. Qu'est-ce qui vous a motivés?
Cet établissement constitue une madeleine de Proust, pour mon père comme pour moi. Nous y avons de nombreux souvenirs. Nous avons voulu le faire perdurer, en conservant son identité, mais en y ajoutant notre touche. Il s'agit plus d'une opération sentimentale que purement rationnelle et nous en sommes ravis.
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