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Les comptes après la tempête

Stéphanie Ruegsegger Directrice département général, FER Genève Publié mercredi 17 juin 2026

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La tempête est passée. Ne reste que ses effets collatéraux à régler. Des millions dépensés pour se protéger, réparer et absorber le manque à gagner: autoroute bloquée, douanes congestionnées, entreprises immobilisées, le tout dans une ambiance de fin du monde. Les manifestants promettait un cortège bon enfant. C’est sans doute pour cela qu’ils ont convié LFI aux réjouissances. Selon NoG7, les opposants à la manifestation n’étaient que de tristes sires qui voulaient bafouer la démocratie et grossissaient exagérément le trait. Si ces boomers rappelaient avec angoisse les événements du G8 de 2003, rien de tout cela en 2026, puisque la plupart des organisateurs n’en avaient aucun souvenir, selon ces derniers. On a vu: matériel (battes, boules pétanque, matraques télescopiques) planqué le long du parcours, habits de rechange pour se fondre dans la foule (débusqués à temps), et quelques vitrines et voitures détruites. Bref, pas grand-chose à voir avec une gentille manifestation pacifiste. Si, heureusement, on n’a pas assisté aux scènes de pillage de 2003, ce n’est certainement pas dû à la maitrise des événements par les organisateurs, mais bien grâce au travail efficace de la police. Car contrairement à ce que titrait un quotidien local, si cela s’est passé sans incident majeur, ce n’est pas malgré une forte présence policière, mais bien grâce à elle. Saluons le professionnalisme des forces de l’ordre, qui sont restées stoïques face aux provocations et qui ont réussi à contenir les débordements.
Vient l’heure des comptes. Il n’y a rien à attendre de notre «amical» voisin français, hôte des réjouissances. On avait compris le mépris porté à nos entreprises lorsqu’il mettait déjà les débordements potentiels sur le compte de l’incivilité des Suisses lors des votations. Pas de bol, aucune échauffourée pour venir confirmer cette revisite des événements: l’initiative Pour une Suisse à 10 millions a été rejetée et les casseurs sont quand même passés à l’attaque. Seulement à Genève. 
Notre canton, ses habitants, ses entreprises, ses commerces et ses visiteurs sont les grands perdants de cette réunion des géants. Les mesures de protection ont grandement contribué à limiter la casse et sans doute à décourager quelques pilleurs du dimanche. Elles ont un coût. Ceux qui l’ont assumé seraient sans doute ravis de le partager avec les autorités, qui pourraient entrer en matière sur une aide pour ceux qui ont investi des dizaines de milliers de francs tout en renonçant à une bonne partie de leur chiffre d’affaires pour se protéger et protéger notre cité. Il reste une bonne nouvelle dans ce week-end de tous les dangers: les Genevois ont accepté la raisonnable adaptation de la loi sur les horaires d’ouverture des commerces, en permettant à ces derniers d’ouvrir en occupant du personnel deux dimanches par an. Une bouffée d’oxygène pour ceux qui se battent au quotidien dans un environnement concurrentiel pour offrir des services de qualité aux Genevois. Ces derniers, par leur vote, les ont remercié.