Moyens de paiement: une votation plutôt symbolique
La loi charge la Banque nationale suisse de mettre pièces et billets à disposition. L'initiative argent liquide, sur laquelle nous voterons le 8 mars, veut inscrire ce principe dans la Constitution.
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Pierre Cormon
Publié jeudi 29 janvier 2026
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#Moyens de paiement
: la Suisse ne remet pas en question l'existence de l'argent liquide. La votation du 8 mars 2026 permettra seulement d'ancrer son approvisionnement dans la Constitution.
En Suisse, presque personne ne pousse à l'abandon des espèces. Nonante-sept pour cent des personnes interrogées souhaitaient leur maintien selon une enquête de 2022. Les commerçants ne sont pas tenus de les accepter, mais, s'ils n'en veulent pas, ils doivent l'indiquer clairement. La loi charge la Banque nationale suisse (BNS) de mettre pièces et billets à disposition. L'initiative argent liquide, sur laquelle nous voterons le 8 mars, veut inscrire ce principe dans la Constitution et confier cette responsabilité à la Confédération plutôt qu’à la BNS. Le Conseil fédéral et le Parlement jugent la formulation de l'initiative maladroite. Ils lui opposent un contre-projet énonçant les mêmes objectifs, également au niveau de la Constitution, d'une manière qu'ils jugent plus précise. Il laisserait aussi la responsabilité de l’approvisionnement à la BNS. C'est celui que la FER Genève soutient. Les espèces, en plus de revenir moins cher aux commerçants, ont d'autres avantages. Elles sont accessibles à tous, même sans connexion électronique ou compte en banque. Elles permettent de conserver une certaine confidentialité – pour le pire comme pour le meilleur.
Résilience
Au niveau global, conserver une base d'argent liquide favorise la résilience: on peut continuer à effectuer des paiement même en cas de cyber attaque, de panne de l'infrastructure ou d'effondrement des réseaux électriques. Ainsi, 40% des entreprises subissent au moins une fois par mois des perturbations de leur système de paiement électronique (panne du terminal, rupture de la connexion Internet, par exemple), selon la BNS. «Grâce au liquide, on peut continuer à encaisser», remarque Madge Mévillot. Même la Suède, qui est allée particulièrement loin dans la numérisation des paiements, a pris conscience de la nécessité de conserver une base d'argent liquide. En première ligne des tensions est-ouest, elle commence à se préoccuper sérieusement des conséquences qu'aurait une cyber- attaque sur son système de paiements.
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