Un hub d’IA pour dynamiser la compétitivité des PME romandes
Flavia Giovannelli
Publié jeudi 26 mars 2026
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#Innovation
La FER s’engage dans l’initiative AI-Radar.swiss, qui vise la création d’un hub doté de moyens conséquents.
En Suisse, l’adoption de l’intelligence artificielle (IA) par les PME progresse: 34% d’entre elles y avaient recours en 2025, contre 22% en 2024. Comme le relève PME, la question centrale reste celle de la productivité. Beaucoup d’entreprises ne constatent pas encore de retour suffisant sur leurs investissements. Selon une analyse de PwC Suisse, les raisons en sont simples: la base technologique demeure souvent insuffisante. De nombreuses PME ne sont pas encore prêtes pour le cloud ou ne disposent pas d’infrastructures de données suffisamment stables.
Un coup d’accélérateur paraît nécessaire. La fenêtre d’opportunité est d’autant plus favorable que la Suisse est redevenue éligible au programme européen de soutien Digital Europe. Un appel à projets a été lancé l’an dernier et le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation est chargé de la présélection au niveau national. Il cofinancera les projets retenus.
Parmi la quinzaine de projets visant à créer des hubs régionaux d’innovation numérique, celui de Suisse occidentale, couvrant sept cantons francophones et baptisé AI-Radar.swiss, a été retenu au niveau national, de même que trois autres hubs situés en Suisse alémanique. Objectif: accélérer la transformation numérique des PME et des administrations publiques en mettant l’accent sur l’adoption responsable, efficace et durable de l’IA.
Le projet rassemble plusieurs partenaires institutionnels et académiques, notamment la Fédération des Entreprises Romandes, la HES-SO, le CSEM, l’EPFL, l’Université de Fribourg, le Switzerland Innovation Park Biel/Bienne. «Le réseau HES-SO est en lien avec les PME. Nous avions déjà mis sur pied en 2023 le Centre suisse de l’IA pour les PME, qui soutient la transition numérique», explique Florian Evéquoz, responsable du domaine Economie et Services de la HES-SO.
Participer à un dispositif de plus grande ampleur poursuivant les mêmes objectifs s’est imposé comme une évolution logique, d’autant que des financements de l’ordre de quatre millions de francs sur trois ans sont en jeu.
L’initiative AI-Radar.swiss vise deux groupes cibles principaux: les PME et les administrations publiques, là où des gains d’efficience pourraient être obtenus grâce au déploiement de l’IA. Le projet vise à renforcer la compétitivité et la résilience de ces organisations dans un environnement économique exigeant. Les bénéficiaires prioritaires se situent dans des secteurs clé pour l’économie romande: l’industrie manufacturière et de transformation, l’administration publique, l’énergie, les smart cities, l’environnement, le tourisme, la biotechnologie agroalimentaire ou la sécurité.
La mission du hub consistera à offrir un accès coordonné à des services, à des installations et à l’expertise d’un large réseau de partenaires en Suisse occidentale. L’objectif est d’aider les organisations à améliorer l’efficacité de leurs processus, à réduire des coûts de production, à renforcer la relation client, à rationaliser différentes fonctions administratives. L’IA pourrait notamment améliorer les interactions avec les usagers, optimiser les activités de marketing et soutenir la gestion des achats ou de la comptabilité.
Du côté de la production, un enjeu particulièrement important pour l’industrie romande des machines, des instruments et de l’horlogerie, les applications concernent l’optimisation logistique, l’accélération des phases de conception, le contrôle de la qualité ou la maintenance prédictive. Dans tous les cas, l’adoption de l’IA devra se faire dans le respect du cadre légal, notamment la loi fédérale sur la protection des données ainsi que les réglementations européennes applicables (le futur AI Act - ndlr).
«Le projet a été transmis à la Commission européenne le 3 mars dernier et nous devons désormais attendre son verdict, sans doute pour le courant de l’été», ajoute Yannic Forney, délégué de la FER, convaincu des chances du projet et de bénéficier ainsi de fonds européens.
Sur le plan opérationnel, AI-Radar.swiss structurera ses services autour d’un parcours de transformation classique: sensibilisation, développement des compétences, accompagnement au financement et validation des opportunités grâce à des phases de test avant investissement. La dernière étape - notamment la création de prototypes - constituera l’activité la plus exigeante en ressources du hub. Elle doit permettre de réduire les risques, de confirmer la pertinence des projets et d’évaluer les coûts et les exigences liées à la sécurité et à la gouvernance de l’IA. «Heureusement, la recherche suisse peut à nouveau bénéficier des fonds européens, qui viendront soutenir une très grande partie de ce projet. C’est une belle opportunité pour rattraper notre retard», conclut Florian Evéquoz.
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