La construction de grands réseaux de chauffage et rafraîchissement impacte la vie économique. Des mesures ont été prises pour limiter les nuisances.
Les travaux ont un impact économique
Pierre Cormon
Publié jeudi 26 mars 2026
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#Infrastructures
La construction de grands réseaux de chauffage et rafraîchissement a un fort impact sur la vie économique. Des mesures ont été prises pour limiter les nuisances.
Genève est en train de se doter d'une nouvelle infrastructure, qui a pour but de faire baisser drastiquement le recours aux énergies fossiles: les réseaux thermiques structurants. Ils permettent de chauffer ou de rafraîchir les bâtiments de manière écologique. Ils utilisent pour cela l'eau du lac ou d'autres sources de chaleur, comme les rejets thermiques industriels ou la géothermie. Ils visent à fournir 50% de la demande de chaleur du canton avec de l'énergie renouvelable à l'horizon 2050. C'était l'objet d'un événement qui s'est tenu le 17 mars 2026 à la FER Genève.
Les travaux ont débuté en 2020. Ils devraient s'étaler jusqu'en 2030 pour une première phase et jusqu'en 2050 pour la seconde. «On n'a pas réalisé d'infrastructure de cette ampleur depuis le début du XXème siècle», estime Véronique Athané Ryser, directrice générale des SIG. L'entreprise publique s'est vu confier le monopole du déploiement de ces réseaux par une votation populaire, en 2022. Des investissements d'un milliard et demi de francs ont été planifiés. «Cela représente des opportunités économiques pour les entreprises, par exemple les bureaux d'architectes et d'ingénieurs», relève Delphine Bachmann, Conseillère d'Etat en charge du Département de l'économie, de l'emploi et de l'énergie. Mais aussi des années de grands travaux.
Impact économique
«Ils sont indispensables, mais ont un impact direct sur la vie économique», relève Arnaud Bürgin, directeur général de la FER Genève. Ils entravent notamment la mobilité, qui constitue un souci majeur pour les entreprises. La FER Genève avait notamment tiré la sonnette d'alarme en mai 2025, alors que la suppression d'une voie devant l'Hôtel Métropole avait engendré des perturbations majeures de la circulation. «Un dialogue permanent avec toutes les parties prenantes est donc nécessaire», estime Arnaud Bürgin.
Les autorités affirment avoir tiré la leçon. Elles ont pris des mesures en amont, notamment la mise en place de deux plateformes de coordination des chantiers. Elles visent à réaliser les différentes interventions qui peuvent être nécessaires dans un secteur en une seule fois, afin d'éviter de rouvrir une rue qui l'a déjà été peu auparavant. «Cela nécessite parfois d'avancer ou de repousser un peu certains travaux de maintenance», note Cliff Moesching, directeur exécutif thermique, gaz et eau aux SIG. Des efforts ont également été faits sur l'information, que ce soit par des flyers, des affiches ou des interlocuteurs en chair et en os, qui sont notamment en lien avec les commerces potentiellement affectés.
Commerces à la peine
Toute l'information du monde n'empêche pas des commerces riverains des artères éventrées de subir une baisse marquée du chiffre d'affaires, voire de faire faillite. Ils peuvent demander des indemnisations, mais sont souvent réticents à le faire. Certains préfèrent ne rien devoir aux autorités, d'autres craignent le temps et les frais nécessaires à constituer un dossier. Les autorités testent donc une procédure qui se veut rapide et peu bureaucratique, dans le cadre des travaux de la rue de Carouge. Elles promettent une réponse en l'espace d'un mois, qu'il s'agisse d'une décision d'indemnisation ou d'un refus argumenté. Ce modèle a permis d'éviter le pire, même si plusieurs commerces ont dû cesser leurs activités, remarquait récemment un représentant des commerçants de la rue dans GHI. Mais même la procédure simplifiée suscite des réticences.
Les bâtiments se situant dans la zone des réseaux thermiques structurants peuvent utiliser leur installation de chauffage jusqu'à ce qu'elle arrive en fin de vie, puis doivent obligatoirement basculer sur les réseaux thermiques structurants. De nombreux bâtiments y sont déjà reliés – c'est le cas de celui de la FER Genève. Il est relié au réseau de chauffage et de rafraîchissement Genilac, qui exploite l'eau du lac.
Rue de Carouge, le client est vraiment roi
Emu par les difficultés affrontées par les commerces de la rue de Carouge, j'ai décidé de les fréquenter. Ce qui a commencé comme un geste de solidarité s'est mué en agréable habitude. D'abord, parce que j'y ai trouvé des boutiques de grande valeur, comme ce marchand de vin ou ce fromager dont les connaissances et l'enthousiasme m'ont permis de faire de belles découvertes. Ensuite parce qu’avec la baisse de la fréquentation, on évite la cohue de quartiers plus courus. On a rarement besoin d'attendre cinq minutes pour obtenir un simple renseignement. Le personnel est généralement disponible et serviable; rue de Carouge, le client est vraiment roi. Enfin, parce que la rue continue à vivre, comme dans ce café qui propose des soirées de musique brésilienne qui vous transportent de l'autre côté de l'océan.
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